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Retour sur la fin de Boris Abramovitch Berezovsky

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Qu'est-il arrivé au mauvais génie du libéralisme russe, l'homme qui a fait roi Eltsine puis Poutine ? Tous les indices concourent à confirmer deux hypothèses : soit il a été assassiné, soit il a disparu en mettant en scène son suicide. Les circonstances pouvaient justifier les deux possibilités. Le 26 mars 2014, un an après le décès constaté le 23 mars 2013, Scotland Yard délivre une version définitive : suicide pur et simple par strangulation à l'aide de son écharpe, trouvée déchirée à coté du corps.

Plausible pour qui ne connaissait pas le personnage, cette thèse n'est pas plus crédible que la crise cardiaque qu'on avait tenté de les faire avaler au public les trois premiers jours suivant le décès. Cette séduisante version que l'on a mis tant de mois à étayer repose sur deux éléments : l'un, très fragile, rapporte l'existence d'une lettre de remords que personne n'a vue ou que tous nient avoir tenue en mains propres,1 l'autre est étayée par cette écharpe arrachée dont Scotland Yard dit avoir isolé un nombre élevé de microfibres sous l'épiderme de la victime. On avait pensé à la cordelette du store au-dessus de la baignoire, arrachée elle aussi, mais il a fallu reconnaître qu'elle n'aurait pas tenu sous son poids. Pas si bête, Boris lui a préféré une écharpe qui n'a pas tenu non plus mais aurait pu vraiment serrer son cou le nombre de minute requis pour trépasser. Les conclusions de l'enquête rendues début mai 2013 sont à présent confirmées, on a conduit de longues investigations des tissus cutanés et coronariens qui indiquent un cœur fragile mais pas de crise et infirment l'hypothèse du poison. Tout est enfin clair.

La thèse de la crise cardiaque était parfaitement soutenable, on l'a d'ailleurs donnée pour probable dans le cas du milliardaire géorgien Badri Patarkatsishvili . Comme le rappelle Eric Spetznagel dans Businessweek du 8 avril, la presse occidentale avait d'abord révélé un complot orchestré par le Kremlin, un mois avant l'accident cardiaque, au motif que Badri avait participé avec Berezovsky à l'ascension de Poutine. Spetznagel oublie de dire que le même Patarkatsishvili s'était lancé en politique dans sa Géorgie natale, finançant ouvertement le renversement du Président Saakachvili. Des voix faisant autorité avaient estimé que ce choix avait été fait au Kremlin, et pouvait constituer une sorte de prix du rachat de vieux péchés. Badri replacerait la Géorgie dans la sphère russe. Un peu plus d'un mois après la révélation de ce complot russe, presque deux mois après les émeutes de Tbilissi, Badri décède dans sa villa du Surrey (cf. Libération du 14 février 2008). En décembre 2007, il était crédité de 20% des voix aux élections présidentielles de janvier. Cinq ans plus tard, en novembre 2012, un joueur d'envergure moindre fait une crise cardiaque en plein jogging. Alexandre Perepilitchniy avait choisi de trahir un réseau de blanchiment dont il assurait la routine puis de rester confortablement installé en Suisse. Les médecins légistes suisses, tout comme leurs collègues britanniques, auront consacré plusieurs semaines à la recherche de substances douteuses et conclu à leur absence. Difficile de se prononcer sur la présence de sodium-fluor-acétate à l'effet foudroyant mais qui ne laisse que de très faibles traces. Poutine avait-il intérêt à liquider Badri au moment même où celui-ci s'efforçait d'aller dans son sens ? Difficile d'y croire si ce Badri était devenu une pièce dans son jeu contre l'OTAN dans le Caucase. Il y a donc fort à parier que les Russes n'ont pas le monopole de l'usage du miraculeux sodium-fluor-acétate. On choisit de statuer sur l'origine du décès de Berezovsky – état dépressif-, sans creuser la question des causes car faire le tour des éventuels commanditaires est évidemment moins simple que gloser sur la déchéance et le désespoir de la victime. Berezovsky – BAB pour les intimes, ne présente pourtant pas les symptômes du dépressif alcoolique geignard tantôt colérique, tantôt procrastiné. Que peut on apprendre de son intimité au delà de ses liens avec la grande politique et le pouvoir discrétionnaire que lui donnait une fortune comme la sienne ? On perçoit au travers des commentaires que sa mort arrange tout le monde, plus encore que celle de son ami Badri.

Peu de gens se sont fait la réflexion que ce décès coïncide curieusement avec la conclusion du deal du siècle entre l'un des leaders du marché international de l'essence, British Petroleum et le géant de l'extraction pétrolière Rosneft. C'est en effet la même semaine que l'arbitrage décidé voici quelques mois entrait enfin en vigueur. Les échanges de titres de propriétés entérinant la liquidation définitive de l'ancienne société russe TNK-BP dont Poutine avait toujours voulu la disparition ont abouti à l'entrée de BP dans la capital de Rosneft à hauteur de 20%. Le britannique Robert Warren Dudley, directeur de TNK-BP expulsé de Russie en 2008, revenait par la grande porte et devenait l'un des cinq codirecteurs de la firme russe. C'est dans la même semaine qu'une fuite permet à certains journaux anglais d'affirmer que l'agent Litvinenko, chef du service de protection de Berezovsky empoisonné au polonium, était en fait un agent des services de Sa Majesté. Le malheureux russe passe d'un coup du statut de dissident victime de la vindicte du KGB à celui d'individu louche que les Russes ont liquidé, non parce qu'il aurait eu des idées avancées, mais parce qu'il avait tout simplement vraiment trahi son pays, ce qui est moins glorieux.

Le règlement du conflit TNK-BP traînait depuis 2005, le fin mot de la mort de Litvinenko jetait une ombre sur les relations entre Londres et Moscou, ajoutant au trouble provoqué par les fermetures des nombreuses filiales du British Council – le bras armé du soft-power culturel et linguistique du Royaume Uni dans les régions de Russie. L'attaque de Poutine contre TNK-BP s'inscrivait dans un vaste mouvement d'éviction des Britanniques, comme en réponse à l'asile qu'ils avaient donné à Berezovsky, l'ennemi juré du maître de la Russie, dont l'argent avait de tout temps été placé précisément à Londres. Tony Brenton, un temps ambassadeur de la Couronne à Moscou, disait que ce Berezovsky était une vraie pomme de discorde, une épine dans le pied dont il était impossible de se défaire. Même spolié d'avoirs gigantesques qu'il avait acquis dans des conditions opaques (par ex. la privatisation de la compagnie aérienne nationale Aeroflot), le bandit Berezovsky restait terriblement puissant, une sorte de contre-pouvoir comparable à celui d'un gouvernement en exil, bailleur de tous les mouvements d'opposition et menaçant de ses foudres tous les régimes de l'ex-URSS. N'alla-t-il pas jusqu'à s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Ukraine ? Prétendant conseiller le Président Iouschenko après avoir déclaré la guerre au dictateur géorgien ? (Après la mort à Londres de son ami Badri Patarkatsichvili, BAB s'emporte devant les caméras d'une chaîne israélienne contre le Géorgien qu'il désigne comme son assassin et traite de fasciste) Tous les moyens lui étaient bons pour contrer Poutine ou rivaliser avec lui, et pour installer dans la région des régimes qui lui agréent, quitte même à gêner des protégés des Américains. Depuis la catastrophe du Golfe du Mexique, BP a été en très mauvaise posture. Les sommes exigées en dédommagement par les États-Unis sont désormais connues et il est clair que la firme pourrait vaciller si elle venait à manquer de sources de profit nouvelles. La guerre gagnée en Libye se conclut par son retour triomphal dans une région dont elle avait été exclue par des concurrents russes et italiens désormais disqualifiés. Un retour en Sibérie tombe aussi à point nommé. Au moment même où le Royaume-Uni avait un réel besoin de normaliser ses relations avec la Russie. Outre Sibneft et Rosneft, Poutine et son séide Setchine avaient une autre affaire pétrolière à régler : le démembrement de la tentaculaire YUKOS, subtilisée à l'oligarque rebelle Khodorkovsky. Les deals récents permettent de dédommager certains investisseurs occidentaux de parts acquises dans une société qui s'est évaporée et dont le chef est en camp de travail. Gageons que la presse britannique s'inquiétera désormais moins souvent de son état de santé. Que pèsent la personne, la fortune et les activités de Berezovsky dans ce contexte ? Elles pèsent le poids de son argent, du produit des intérêts de ses innombrables valeurs, pas plus. On le mesure mieux sitôt que l'animal est saigné : il aurait perdu 35 millions de Livres dans l'affaire lancée contre l'autre oligarque russe de Londres, Abramovitch, celui qui s'est rendu propriétaire d'un club de foot et se tait prudemment sur les questions politiques.

Que s'était-il passé ? BAB aurait facilité pour Abramovitch l'acquisition de parts considérables du géant pétrolier Sibneft ; Abramovitch n'aurait été qu'un prête-nom qui devrait désormais rembourser son ami... BAB n'a pas été en mesure de prouver ce qu'il avançait. Il s'est fâché, a perdu le sens des réalités, se lançant dans de longues péroraisons incompréhensibles : dénonciations des avoirs de la famille du Président Eltsine, de l'origine 'brejnévienne' de certaines propriétés de son rival, des fortunes dont il aurait été, lui BAB, l'unique source, le concepteur en chef... La juge britannique Elisabeth Gloster se perd dans ses arguties, lui intime l'ordre d'apporter des preuves, relève des contradictions, des silences, des reculs et conclut au mensonge. Elle donne raison à un Abramovitch posé, docile, plastique, ne prétendant rien savoir et ne disant que ce qu'il peut prouver comme le fait qu'il a offert à BAB des toiles de maîtres et des bijoux pour ses maîtresses (cf. compte rendu de la BBC http://www.bbc.co.uk/news/uk-19433325 assorti de cet étrange commentaire : « The Queen spent several minutes in the courtroom where the case was heard during a visit in December » La reine intéressée par ce procès ? Inhabituel assurément). Pour mémoire, le docile Abramovitch est alors propriétaire de l'ancienne villa d'Aristote Onassis sur la Côte d'Azur. Il avait pris pour défenseur contre les entreprises d'un magistrat instructeur français un certain Olivier Metzner, suicidé dans son île bretonne quelques jours avant la disparition de Berezovsky.

Selon son fondé de pouvoir Goldfarb, BAB avait été averti d'une opportunité de récuser la juge : le fils de cette juge était un des avocats défendant la cause d’Abramovitch. Collusion d'intérêt ? Parti-pris ? Pourquoi BAB s’abstient-il d'exiger un autre magistrat ? Pour l’amadouer ? Pour préparer une volte-face ? Parce qu'il ne craint plus son adversaire ? Avec la meilleure volonté du monde, on ne comprend pas ce qu'il veut tramer. Comment se fait-il qu'un homme de cette trempe ne soit pas capable de faire comprendre à la juge et à la presse britannique qu'Abramovitch n'est pas un particulier, une grande fortune privée, mais qu'il représente l’État russe tout entier ? Que la justice civile ne peut pas statuer quand la plainte de BAB devient celle d'un particulier contre un État ? BAB partait perdant en acceptant le bonneteau qui consiste à ne pas nommer les choses par leurs noms. Il eut mieux valu dire aux parlementaires et aux gens de justices que la figure même d'Abramovitch est un artifice, car le pseudo capitaliste n'est qu'un mandataire, une sorte de fermier général servant les intérêts du Kremlin et jouant de l'argent de la nation. Vu comme simple factotum, le beau Roman n'aurait-il pas eu un peu plus de difficultés à débouter son adversaire ? Le procès de la Russie est un jeu auquel la justice britannique ne rechigne pas. En octobre, elle doit revenir sur l'empoisonnement de Litvinenko au Polonium. Qu'en fera-t-elle ? un problème de morale et droits de l'homme ? Avec quel écho sur le fond de parfaite concorde dans le secteur des d'hydrocarbures ?

Que BAB n'ait pas su ou voulu expliquer le principe des privatisations russes peut se comprendre dans la mesure où il est lui même un des auteurs de la grande arnaque. Qu'il n'ait pas été crédible quand il a tenté de montrer l'ampleur du hold-up dont la société russe a été collectivement victime ne fait pas pour autant de lui un mythomane. Que le mensonge ait été une des ses armes de prédilection ne fait pas de doute, mais on ne saurait dire qu'il affirmait n'importe quoi ; il avait toute sa tête, tous ses derniers interlocuteurs, sans exception, le confirment et aucun ne croit à son suicide. Un homme aussi joueur, aussi positif et n'ayant peur de rien ! N'était-il pas le référent de la résistance tchétchène ? On lui doit des vérités que nul autre n'aurait proféré, comme ce trait : « on a eu pour objectif d'ériger un état forban, on y a que trop bien réussi ». Pour beaucoup d'observateurs avertis, il est l'homme qui a décidé de falsifier les résultats des élections de 1996, qui a proposé de limiter les effets du parlementarisme en créant des partis d'opposition croupions ; un homme qui se riait de la liberté de parole : « ce que les gens pensent n'a aucune importance, ce qui en a, c'est d'abrutir la majorité avec la télévision pour bien isoler ceux que la télévision ne convainc pas ». Un homme de cette trempe meurt debout, ou fait une crise cardiaque en pleine action, il ne demande pas pardon et ne quitte pas la scène sans ultime bravade. Même s'il avait tout perdu.

Sa maison était en vente, deux maisons même. Lesquelles de ses maisons ? Celles de Londres. Avait-il interrompu la location de celle de Cap d'Antibes, que la police française est venue fouiller en 2005 ? Où donc réside à présent sa vieille maman de 90 ans ? Quid de Ovago, sa compagnie suisse qui avait acquis en 1996 les domaines de La Garoupe pour 145 millions de Francs français grâce à une garantie donnée par Sibneft ? On n'en sait rien comme de l'essentiel de ce qu'il possédait hors de Russie en 2001, d'une valeur globale estimée à deux milliards, dont il ne resterait apparemment rien en 2013. Rien vraiment ? Bah ! Il lui restait quand même 10 millions de dollars au Liechtenstein : les autorités de la principauté annoncent le 17 avril le gel de cette somme, réclamée par la cour des comptes de Russie. C'est un autre fuyard réfugié à Londres, l'ex P-DG de la Banque de Moscou Andreï Borodine, qui les aurait déposé en 2011 sur un compte personnel de BAB... Certains personnages bien informés affirment publiquement que les avoirs de Berezovsky s'élèveraient encore à 650 millions. En admettant même qu'il ait gagé ou dépensé les 4/5èmes de son patrimoine, BAB n'a pas pour autant tout brûlé pour détruire Poutine. Sa philanthropie a des limites : n’a-t-il pas demandé à l’Ukraine de lui rembourser les frais de la révolution orange qu’il aurait avancé ? Un homme de cet acabit ne cède sur rien, et s'il tombe, se refait en quelques mois.

Assassiné donc, sinon physiquement, du moins politiquement. Mais de cet assassinat tant attendu, Poutine n'aurait pu ni décider, ni venir seul à bout. A moins de choisir de ridiculiser les services spéciaux de Sa Majesté, chargés depuis tant d'années de protéger BAB. Opération délicate, alors qu'il n'est pas sûr que le SVR2, le FSB ni le GRU disposent encore d'hommes de mains d'une telle habileté. Beaucoup d'experts russes paraissent en douter. Et même s'il y encore des maîtres étrangleurs, il n'auraient pas forcément été en mesure d'arriver jusqu'à lui car BAB avait débauché pour son service personnel des camarades de promotions de ces professionnels. Si Poutine est derrière le coup, c'est qu'il aura trouvé des complices actifs ou passifs dans d'autres chancelleries que la sienne, par exemple à Jérusalem, car il semble que la protection du Mossad ait été retirée à la victime quelques semaines avant le drame. Au demeurant, le plus probable est que les Britanniques n'aient pas voulu le tuer, une telle élimination ne pouvant que faire débat, différents interlocuteurs considérant qu'il avait rendu de grands services et ne méritait pas d'être immolé sur l'autel des intérêts pétroliers du Royaume. Et puis quel service voudrait prendre le risque de se révéler un beau jour auteur de si basses besognes ? Pas beaucoup de candidats à l’opprobre au sein des polices des pays démocratiques. On pourrait peut-être avoir préféré que ce grand témoin disparaisse et, pour plus de vraisemblance, on aurait concerté avec lui la mise en scène de la dépression. En publiant d'abord un interview dans le magazine Forbes, ce qui est d'assez mauvais goût si on se souvient que c'est précisément à BAB qu'est attribué l'assassinat d'une des plus belles plumes de ce périodique : Paul Khlebnikov, qui avait eu le tort de s'intéresser de trop près aux activités de certains amis tchétchènes et avait publié des recueils d'interviews très explicites (cf. http://www.forbes.com/sites/richardbehar/2013/03/24/did-boris-berezovsky-kill-himself-more-compelling-did-he-kill-forbes-editor-paul-klebnikov/

On peut objecter que BAB a été assassiné pour de vrai, par des commanditaires privés, car il avait beaucoup à se reprocher en affaires. Mais ce meurtre ne ressemble pas aux usages des bandits. De vrais vengeurs auraient tué avec une certaine férocité et s'en seraient pris à des membres de sa famille à qui désormais la protection d'aucun service spécial n'est plus garantie. Dans ce contexte, quelle explication plausible donner de l'étrange décision de donner congé ce jour là, à dix heures du matin et pour cinq heures d'affilée, à son unique garde du corps ? Jamais il n'avait pris un tel risque, disent ses proches. Qu'il y ait eu mise en scène concertée ou non, il est probable qu'une discussion ait été prévue et que BAB ait compté sur une autre issue que celle qui paraît lui avoir été fatale. Ce qui renvoie à la lettre adressée à Poutine, qui contient une offre de service plus probablement qu'une demande de pardon, et qui a motivé une réponse, sous la forme d'un messager. Lequel sera originaire de Grozny plutôt que de Moscou et résidant déjà sur place, à moins qu'il ne vienne de Dubaï où ce genre d'individus tiennent souvent leurs quartiers.

Il est difficile d'avancer plus de conjectures. La blogosphère russe fourmille de suppositions, d'accusations autant que de protestations de respect et d'amitié pour le grand manipulateur. Certains auraient eu d'excellentes raisons d'agir vite, par exemple Kadyrov. On sait que ses tueurs vont partout et n'ont vraiment peur de rien. Un seul fait plaide en faveur de la disparition par changement d'identité : la police britannique n'a pas fourni d'images du cadavre de son pendu. Quand se décidera-t-elle à le faire ? Au moment du bilan des analyses, fin mai ? Bien après l'enterrement, pour lequel on a évoqué la date du lundi 6 mais qu'on a organisé inopinément le 8 mai à 18h, cercueil fermé, ce qui n'est pas canonique pour un défunt converti à l'orthodoxie. A ces obsèques, on a vu pas mal de mini-jupes et quelques sourires, pas de larmes. L'enquête est incroyablement discrète et la famille plus encore, un silence qui n'est pas dans le style du disparu.

Un an plus tard, on a un verdict définitif mais pas plus d'images qu'auparavant.