" /> Décomposition - Dombast

Dombast

Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.

Décomposition

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Les sociétés humaines sont comme les maisons que nous construisons : elles tiennent grâce à leurs charpentes autant que par leurs murs et ceci indépendamment des qualités esthétiques du bardage… Que le colombage soit visible ou non ne change par la nature des choses mais juste leur perception. Dans les dictatures, sociétés par définition bien charpentées, lourdement même, le travail sourd des structures ne se remarque pas. Je veux parler du « travail passif » , ce jeu qui fait craquer les poutres sans qu’elles ne cèdent. Seule une oreille très fine perçoit le message des craquements. Staline partait sans doute du principe qu’il ne faut pas attendre le moindre craquement pour changer chevrons, madriers, lambourdes et même trumeaux. En Corée, la famille Kim semble se conformer à son exemple et ne laisse pas vieillir ses laquais… L’Iran ne présente pas les mêmes caractéristiques, il aime ce qui prend la patine de l’âge. Il se flatte de son histoire pluri-millénaire. C’est une gérontocratie qui pense que la conservation prime sur la nouveauté. La jeunesse s’y emmerde comme dans l’URSS des années 1978-1987. Comme en 1984 en URSS, l’appareil s’étant fait peur en laissant agir de jeunes loups, il recule un peu : Raïssi est un choix frileux comparable à celui de Tchernenko. Plus jeune que le vieux soviétique, Raïssi peut tenir plus que 13 mois. Mais combien d’années ? Quatre ? À moins qu’il ne s’émancipe de sa tutelle, l’encombrant vieillard malade qui domine la scène. On ne voit rien venir. Tout se passe comme toujours : répression, fausses promesses… Le bardage, les crépis et enduits ne laissent rien percevoir de l’usure réelle. Du pourrissement. Pourtant, il arrive que des poutres maîtresses émettent des bruits. Comme cet interview « viral » d’un diplomate intouchable de grand renom, ex-ambassadeur de République Islamique en France puis ambassadeur auprès de l’Unesco. Un homme du sérail. Que dit-il ? Rien moins que : « la direction est inexistante, les objectifs jamais atteints, les programmes erratiques, nous allons d’erreur en erreur, nous avons dégoutté le peuple de l’Islam, nous perdons les meilleurs d’entre nous (partis pour l’étranger), nous avons les meilleures universités de la région mais nos diplômés vont ailleurs, nous n’entendons pas la clameur de 40 millions de jeunes qui sont d’une autre époque, ne voient pas le monde comme nous » etc. Bateau ! Tout cela se dit depuis près de vingt ans. Mais pas à la TV…. Gorbatchev 2.0. ? Mais quand ? Le bateau coule et la rive semble lointaine.