L'agrégateur d'informations Nezygar reprend une fois de plus l'opinion de l'intelligentsia libérale de Moscou sur le niveau prétendument élevé de militarisme dans la société russe. L'auteur écrit : "L'idée nationaliste victorieuse a façonné une société où le courage paramilitaire et le patriotisme sont devenus une culture de masse." https://t.me/rusbrief/52321
Où voit-elle cette intoxication au militarisme ? Le voit-elle dans son propre cercle ? Difficilement, donc de telles généralisations ne sont plus appropriées.
Et puis ces membres de l'intelligentsia devraient étudier un peu plus la société russe ! De quel genre de militarisme ? Même dans les régions les plus pauvres, ils n’arrivent plus à embaucher des contractuels pour des salaires énormes et inédits - 200 à 300 000 roubles par mois. Soit 8 à 10 fois plus que ce que le commun des mortels gagne dans ces coins reculés. Et pour la mort d'un roturier, les patrons promettent 7 à 12 millions de roubles. Alors que les honoraires habituels sont de 2 à 3 millions de roubles..
Pour la première fois dans l'histoire de la Russie, le gouvernement a été incroyablement généreux envers les prolos. L'allocation de chômage maximale est de 13 000 roubles, les allocations pour enfants des familles pauvres sont de 6 à 12 000 roubles, et ici, en une fois, on tape de 200 à 300 000 roubles.
Mais même avec cet argent, ils n'arrivent pas à trouver de volontaires. Les boss doivent se déplacer dans les zones et recruter les escouades, et ce moyennant finance aussi. Pendant la Grande Guerre patriotique, ils recrutaient gratuitement des guerriers au Goulag : plus de 1,2 million de combattants qui ne furent amnistiés qu’à condition d’être blessés (ou à titre posthume). Aujourd’hui, ils ont introduit des conditions super confortables, étendues même aux maniaques et aux meurtriers (amnistie après 6 mois de contrat)… mais ils n’arrivent pas à recruter.
Un autre signe - pas un seul patriote de premier plan n'est allé au front. Pas un député, pas un leader d'opinion, pas un écrivain ni journaliste : ils veulent se battre depuis leur canapé et depuis Telegram. Nous constatons l'absence totale de véritable patriotisme, même chez les patriotes en apparence "remontés à bloc". Alors qu'il y a de nombreuses possibilités pour eux de participer l'Opération spéciale. Ils ne veulent même pas aller comme réparateurs d'équipements militaires à l'arrière.
Rien de comparable à 2014, quand des dizaines de milliers de volontaires se rendaient gratuitement dans le Donbass, qu'on recueillait des millions de dollars dans les rassemblements de masse. Les patriotes se sont enthousiasmés, et des dizaines de sites web et de groupes communautaires ont vu le jour.
Et maintenant, même les militaires sont montrés avec des cagoules ou le visage flouté par la censure. C'est-à-dire que l'État lui-même affirme haut et fort qu'il ne veut pas de militarisation, de patriotisme et d'agitation. Sur les sites pro-gouvernementaux, ils écrivent carrément qu'il n'y a pas de guerre, qu'il faut aller à la campagne et manger des kebabs ; la vie continue comme avant. C’est l’ennemi qui invente des histoires de guerre et de mobilisation.
Pavel Pryannikov le 12/08/22 repris par Belkovskiy https://t.me/SBelkovskiy
NB : selon ces deux influenceurs, la société russe est sinistrée du point de vue démographique, vieillissante et sans tonus. Exténuée par des conditions de vie déplorables et pas les ravages de l’alcoolisme elle n’est pas en mesure de se mobiliser.
