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Société post-traumatique

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Pavel Pryannikov courant juillet 2022 :

« L'Institut de sociologie de l'Académie des sciences de Russie a titré une de ses compilations de 2020 : "Russia - A Society of Trauma". Les sociologues y démontrent que la société russe a été profondément traumatisée pendant plus d'un siècle. Mais d'un autre côté, ils soulignent que plus de 80 des 193 pays du monde sont désormais des États en déliquescence. Le premier monde, que nous avons tendance à admirer et à considérer comme la norme, est au contraire, selon les normes mondiales et historiques, une anomalie. Qu'environ 80% de la population mondiale vit dans des conditions similaires à celles de la Russie.

L'Institut de sociologie de l'Académie des sciences de Russie poursuit en désignant certains signes d'une société traumatisée :

  • En 30 ans d'existence indépendante, la Russie n'a pas dépassé les étapes de son niveau de développement de 1990. De plus ses pertes sont plus élevées que pendant sa Grande Guerre patriotique (1941-1945).
  • Parmi les caractéristiques génériques de la société du traumatisme, on trouve la faible qualité de la gouvernance, qui est renforcée par l'absence de leaders faisant autorité et de forces politiques et économiques reconnues par la société. Dans ces sociétés, les objectifs égoïstes personnels et collectifs prévalent, l'un ou l'autre groupe, un certain nombre d'individus imposant leur compréhension de la réalité à l'ensemble de la société.
  • Dans les sociétés post-traumatiques, il n'existe pas de forces d’opposition structurées qui seraient partenaires à égalité pour déterminer le cours du développement du pays et son avenir. Elles sont soit totalement absentes, soit jouent un rôle purement décoratif.
  • Les sociétés traumatisées ne s'appuient pas sur la science ni même sur le bon sens. La science n'est considérée que de manière purement primitive, au mieux comme un outil pour réaliser des profits, et dans l’urgence, de manière opérationnelle. La science fondamentale est à peine soutenue.
  • Dans les sociétés traumatisées, il n'y a pas de garanties permanentes d'avenir pour la majorité de la population, pas de sécurité personnelle contre l'arbitraire, ce qui contribue à l'émergence et à la propagation de l'anomie, de l'insécurité et de l'incertitude non seulement quant à leur vie, mais aussi quant à celle de leurs enfants.
  • Ces sociétés sont caractérisées par une économie de matières premières et de services qui condamne la majorité de ces pays à une dépendance technologique et technique totale.

En 2018, VSIOM (institut national de statisques NdT) a réalisé un sondage. Il s'est avéré que 67% (oui !) des Russes croient en l'existence d'un "gouvernement mondial". Parmi eux, 74% (soit environ 50% des Russes) pensent que le "gouvernement mondial" agit contre la Russie.

En termes d'âge, les choses sont encore plus intéressantes. Parmi les 18-24 ans, 45 % ne croient pas à l'existence d'un "gouvernement mondial", alors que parmi les 60 ans et plus, seuls 16 % n'y croient pas. Nos chefs d'État sont exactement la génération des 60 ans et plus, où presque tout le monde croit au "Gouvernement mondial". Ils sont donc, ici aussi, le reflet des convictions de leur génération. Et maintenant, au sujet de la cette Opé Spé, certains des patrons disent ouvertement qu'ils la font pour frapper les Rothschild, les Baruch et les Rockefeller, et que les Ukrainiens eux-mêmes sont nos frères, et les victimes du "Gouvernement Mondial".

Par ailleurs, les sociologues citent également l'opinion des hauts gradés, qui eux-mêmes ne croient pas en la Russie : "Par exemple, Guerman Gref, le chef de la Sberbank, a récemment déclaré que 'la Russie est un pays en déclin'. Et D. Sachs, consultant économique de longue haleine sous Eltsine, affirme qu'au lieu du développement, il y a eu "un pillage de la Russie". Il convient également de noter une évaluation remarquable de la situation par la voix du gouverneur de la région de Kourgan dans une récente déclaration publique : "Je le porte à l'attention de tous : il n'y a plus rien à voler dans notre région".

D'autre part, l'Institut de sociologie de l'Académie des sciences de Russie cite des statistiques selon lesquelles la démocratie n'est pas une voie indispensable à la réussite économique : "Comment une société peut-elle guérir un traumatisme ? Pour certains, il est essentiel de se concentrer sur l'introduction obligatoire des relations de marché, pour d’autres sur l'implémentation d'un régime démocratique. On pense que soit l'un soit l'autre vont permettre à une société traumatisée de sortir du cadre. Toutefois, les calculs montrent que seuls 52 % des démocraties libérales et 60 % des économies de marché font preuve d'efficacité en matière de développement. Et dans le même temps, 48 % des sociétés où règne l'autoritarisme font preuve d'efficacité en matière de développement. La différence, comme vous le voyez, est minime et insignifiante. Il ne s'agit donc pas seulement de démocratie ni d'économie de marché. »