Ce site n’est pas neutre et ne renvoie pas les belligérants dos à dos. Il ne prétend pas s'efforcer au rejet de toute conviction comme le prétendent certaines ONG mais il tente d’éviter l’ornière de la criante partialité d'une presse qui milite pour notre primauté, c'est à dire pour la conservation des acquis de l'Occident tout en affectant de ne pas lire dans ce conflit une guerre contre le despotisme oriental... Pour livrer un message moins partisan, nous diffusons les réflexions de quelques moralistes fustigeant le fonctionnement de l'Etat ukrainien :
« J'envie les collaborateurs de la mairie de Lviv. Alors que la guerre se poursuit et que le monde part en lambeaux, ils sont préoccupés par une question très importante : débarrasser le cimetière commémoratif du champ de Mars des ossements des soldats soviétiques. C'est cool qu'au moins quelqu'un ait beaucoup de temps libre en ce moment...
Ce type de nécropolitique est fondé sur la pensée magique, qui tente de résoudre les problèmes quotidiens par la manipulation rituellement symbolique d'objets morts. En d'autres termes, il est question de remuer un paquet de crânes au son des tambours. Une libération corporelle et psychologique.
Non, ce ne concerne pas les morts. Il s'agit des vivants. Il s'agit d'attitudes envers les vivants, et de relations entre les vivants. Dans le cas présent, certains des vivants disent aux autres vivants qu'un souvenir est important tandis qu’un autre ne l'est pas. Que ceux-ci sont importants et ceux-là ne le sont pas. Et si ces derniers ne sont pas importants, les sentiments de leurs descendants ne comptent pas et ils peuvent les pousser on ne sait où et à quelle profondeur avant d'être battus. Entre-temps, tous les participants à cette très agréable communication possèdent le passeport ukrainien, mais celui-ci, ainsi que la mémoire de millions de citoyens ukrainiens, n'a aucune importance. C'est le pouvoir qui compte. Qui a le pouvoir, a le droit.
Hier a annulé celui d'aujourd'hui, alors aujourd'hui a annulé celui d'hier, et sera annulé demain, jusqu'à ce que quelqu'un de fort s’arrache à ces agrégats grincheux. Quelqu'un qui n'annule pas parce qu'il n'a plus peur. Quelqu'un qui a enfin confiance en lui.
Dans les métropoles multiculturelles de l'Occident, il existe une curieuse tradition de réflexion lors de la mise en œuvre de certaines initiatives dans l'espace public. Lorsque vous vivez dans un monde de couleurs, vous devez tenir compte de la diversité ethnoculturelle de votre société pour la faire fonctionner ensemble. Vous pensez donc aux sentiments de votre voisin, même s'il voit le monde différemment de vous. Je ne doute pas qu'à Lviv, ils y penseront à un moment donné. Dadakinder
