Nous avons en Russie des amis que nous connaissons mal. Nous en avions du moins, que nous aimions parce qu’ils voulaient instaurer dans ce pays inquiétant des fonctionnements moins rudes, civilisés, proches des nôtres, voulaient suivre la voie des Tchèques, des Slovènes et des Baltes, gens paisibles et raisonnables… Ces amis nous ont plu parce qu’ils aimaient la Géorgie et son Pdt Saakashvili, un temps notre chouchou ; et aussi l’Ukraine libre de 2004. Ils ont fait beaucoup pour diffuser nos idées sur les antennes que Poutine leur concédait, qu’il faisait financer à la marge tant qu’il lui semblait bon de singer nos façons de gérer : garantir la liberté de la presse. C’était le bon temps ! On ne voyait même pas que ces gens n’étaient pas comme nous du tout, qu’ils ressemblaient plus à M. Orban, Mme Le Pen et à d'autres antipathiques grandes gueules qui vocifèrent dans les Balkans. Ces gens sont pour la plupart sortis de Russie début mars dernier, se blottissent les uns contre les autres contre l’adversité dans leurs exils d’Israël ou du Monténégro. Cherchent du travail et manquent de revenus, sont plus discrets qu’avant la guerre. Prenez par exemple l’une des journalistes les plus talentueuses de Moscou, l’une des plus efficaces dénonciatrices du système Poutine et de sa dérive guerrière, qui dénonça les dérapages de l’opération russe en Géorgie : Ioulia Latynina. Une vraie alliée ? Lisons plutôt ce qu’elle disait de nos valeurs au moment même où elle nous aidait à penser la Russie et rêver à sa mue :
« Ioulia Latynina : "Eh, l'Europe, t’as perdu la boule !"
Il serait bon de faire un inventaire des valeurs européennes au moyen du « Score de Hambourg » (en découplant la signification de mots alignés dont la somme ne veut rien dire NdT). Pendant 500 ans, une toute petite partie du monde - l'Europe - a régi le monde. Elle a atteint cette puissance grâce à la propriété privée, au progrès technique, à la concurrence entre les pays européens, au sentiment de sa propre supériorité civilisationnelle et à un État minimal - par rapport à l'Asie. Au cours des 20 années qui ont suivi l'unification de l'Europe et le triomphe des "valeurs universelles", ce leadership a été dilapidé… On m'a dit que je bafouais les valeurs européennes. On dit que l'état actuel de l'Europe est un putain de summum du développement, que tout le monde devrait en avoir la bouche ouverte et l'imiter. Il serait bon d’en faire l’inventaire avec la méthode “de Hambourg“.
Valeur n° 1 : l'unité de l'Europe C'est aujourd'hui l'une des valeurs européennes les plus importantes. L'Europe est en cours d’unification, les frontières disparaissent et les fonctionnaires européens de Bruxelles adoptent des décrets bénins sur le degré de courbure de concombres et la vente d'œufs au poids. L'unification est peut-être une bonne chose, mais le problème est que, entre l'effondrement de l'empire de Charlemagne et la formation de l'Union européenne, l'Europe n'a pas été unie. L'empire chinois était unifié, le califat était unifié, la Sublime Porte était unifiée - mais l'Europe ne l'était pas, et pendant que l'Europe faisait la conquête du monde, ses parties étaient en concurrence féroce les unes avec les autres. Et c'est cette compétition qui a permis le progrès. La Grande-Bretagne est devenue un empire pour une raison précise : dans le cadre de sa lutte contre l'Espagne ; la Prusse est devenue l'Empire allemand pour une raison précise : par suite de réformes sévères, sans lesquelles l'État n'aurait pas survécu entouré d'ennemis. Je veux dire : faites attention, l'unité est peut-être une très bonne chose. C'est génial. Mais il ne s'agissait pas d'une valeur européenne à l'apogée de l'Europe. Au zénith de sa gloire, l'Europe n'était pas unie.
Valeur n° 2 : le suffrage universel On nous dit aussi que la démocratie est une valeur européenne et une réalisation européenne, que c'est le meilleur des régimes, et que par démocratie on entend le suffrage universel. Celui qui est contre le suffrage universel est un fasciste, une crapule et un salaud. Je m'abstiendrai pour le moment de parler de l'efficacité du suffrage universel au Ghana ou en Palestine, mais je pose le problème : quelle est la relation entre le suffrage universel et les valeurs européennes traditionnelles ? Pouvez-vous me dire au nom de quel type de démocratie Colomb a découvert l'Amérique et Sir Francis Drake a pillé les navires espagnols ? L'Occident, à son apogée, présentait une variété de régimes : une monarchie parlementaire, comme en Grande-Bretagne, où les électeurs étaient limités aux contribuables ; une république, comme aux États-Unis, où là encore les électeurs étaient les contribuables. Une monarchie absolue, comme en Prusse, en Espagne ou en Russie. Mais le suffrage universel était résolument absent en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, et Thomas Macaulay, historien et membre du Parlement britannique, a écrit au milieu du XIXe siècle que ce concept était "totalement incompatible avec la survie de la civilisation". La première fois, le suffrage universel a été introduit en France pendant la Révolution française et ça s'est terminé par la guillotine et la terreur ; la deuxième fois il a été introduit (pour les hommes seulement) par le chancelier de fer Bismarck dans l'Empire allemand en 1871, désireux de diluer la libre pensée des propriétaires allemands dans la frénésie chauvine des masses abruties. Le recensement a commencé à baisser et le suffrage a commencé à être étendu aux pauvres après la première guerre mondiale, et il est finalement devenu universel après la deuxième guerre mondiale, sous l'influence de l'idéologie socialiste. Dans tous les pays pauvres où il a été essayé - par exemple en Afrique - le suffrage universel a conduit à la redistribution de la propriété, à la propagation du fanatisme religieux et national, et a abouti à des dictatures. Mais ce n'est pas ce que je veux dire. Disons que le suffrage universel est le couronnement du développement. Supposons que chaque chômeur qui détruit un magasin à Londres est le type qui devrait décider de la façon dont nous vivons tous, et que quiconque nie cela est un rétrograde et un fasciste. Mais qu'est-ce que cela a à voir avec les valeurs européennes ? Le suffrage universel n'existait pas en Occident alors que l'Occident possédait le monde. Lorsqu’il s’y est imposé, cet Occident a perdu sa domination en un temps record.
Valeur n° 3 : justice sociale Une autre valeur européenne du moment est la justice sociale. La justice sociale signifie que quand vous avez une toxicomane au chômage avec cinq enfants, vous la ferez vivre dans un manoir de luxe, parce que les enfants ne doivent pas souffrir ! - Ce n'est pas juste. Tandis que si vous avez un travail, un mari et une famille, vous irez travailler comme un âne et la moitié de ce que vous gagnez vous sera prise par l'État pour être donnée à un junkie au chômage. Je ne sais pas ce qu'est l'équité - de mon point de vue, il est injuste de voler ceux qui travaillent pour donner leur argent à ceux qui sont oisifs. Mais surtout ma différence de point de vue interroge : qu'est-ce que cela a à voir avec les valeurs européennes ? Dois-je vous rappeler ce qui serait arrivé, à l'époque de l'Empire britannique, sur lequel le soleil ne se couchait pas, à la même femme célibataire qui aurait soudainement eu un enfant ? Aurait-elle reçu une allocation ? Un appartement ? Un manoir ? La réponse est non. Elle devenait un paria. À l'apogée de l'Europe, toute préoccupation du bien-être social - éducation des enfants, parentalité, médecine, éducation, etc. - était déléguée à la famille et à son chef, et la société s'opposait farouchement à toute tentative d'y déroger, à toute tentative de transférer la charge de ces coûts sur la société.
Valeur n° 4 : le multiculturalisme Une autre valeur européenne est le multiculturalisme. Elle dit que toutes les cultures sont merveilleusement importantes, que chaque immigrant qui arrive en Suède ou aux Pays-Bas a le droit de conserver ses merveilleuses traditions et que si quelqu'un ne comprend pas, par exemple, quel bonheur c'est pour une femme arabe quand son frère a le droit de la tuer pour adultère, ou quel bonheur c'est pour une fillette somalienne de six ans quand on lui coupe les lèvres sans anesthésie avec un couteau de cuisine à la table du dîner - c'est un abruti, un fasciste, un rétrograde, etc. Je dois dire que je ne comprends pas cette admiration pour la tradition. L'Europe a également ses propres traditions : au XVe siècle, en Grande-Bretagne, on découpait les ennemis de la couronne en quatre morceaux en leur arrachant les entrailles vivantes et en les faisant rôtir. Mais je ne pense pas que David Cameron puisse couper la tête de sa femme et dire qu'il suit les traditions d'Henry VIII. Mais ce n'est pas ce dont je parle maintenant. Qu'est-ce que le multiculturalisme a à voir avec les valeurs européennes ? Lorsque Cortés a écrasé les dieux aztèques, prêchait-il le multiculturalisme ? Lorsque Vasco de Gama a coulé des navires transportant des pèlerins de la Mecque et lancé des boulets de canon sur la population civile de la côte de Malabar, s'agissait-il d'un programme humanitaire ? Les valeurs européennes à l'époque du colonialisme étaient la notion de primauté inconditionnelle du progrès et de la civilisation européenne. Certains Européens étaient de purs racistes, affirmant que les races noire et jaune étaient génétiquement inférieures. D'autres pensaient que les autres races et peuples seraient tôt ou tard intégrés aux idées de progrès et à la culture occidentale. Mais il n'y avait aucun pour penser que le cannibalisme, ou la polygamie, ou la coutume de brûler les veuves était une coutume alternative assez merveilleuse pour qu’on doive l'entretenir. Les abolitionnistes aux États-Unis se sont battus pour la liberté de l'oncle Tom. Mais ils ne se sont pas battus pour que l'oncle Tom enlève son pantalon et mette un pagne ; pour qu'il abandonne le nom de Tom et prenne le nom de ses ancêtres - Nkunda ou Mbonga - et pour qu'il abandonne l'anglais et parle le Kinyarwanda natal. Il ne leur serait pas venu à l'esprit de se battre pour une telle absurdité. Une fois cette idée - de la supériorité de la civilisation européenne - dépassée, terminé. Au lieu que l'Europe colonise le monde entier, c'est le monde entier qui colonise l'Europe. Peut-être que le multiculturalisme est génial, prodigieux, et que seuls les rétrogrades et les fascistes ne comprennent pas pourquoi des femmes britanniques vêtues d'une burqa se promènent dans les rues de Londres. Mais le fait est que le multiculturalisme n'a rien à voir avec les valeurs européennes traditionnelles de l'apogée de l'Europe.
Valeur n° 5 : réglementation étatique Enfin, il existe une autre "valeur européenne" dont, pour une raison quelconque, on ne nous parle pas beaucoup, mais que nous lisons au creux de notre main. Il s'agit de la réglementation étatique de tout et de tous. La raison pour laquelle on ne parle pas de cette valeur est très simple, elle est fondamentalement en contradiction avec l'idée de propriété privée. Soit la propriété privée, soit la réglementation. Saviez-vous qu'il n'existait aucune loi protégeant les monuments culturels en Grande-Bretagne jusqu'à la fin du 19e siècle ? Et lorsqu'en 1870, ils ont tenté de la faire passer, le Premier ministre de l'époque, Benjamin Disraeli, a explicitement déclaré qu'elle contredisait l'idée de propriété privée. Stonehenge a failli être démoli - on a failli y faire passer un chemin de fer. Saviez-vous, par exemple, que la statue de la Liberté aux États-Unis a été installée avec de l'argent privé ? Tant le gouvernement fédéral que les États, où les contribuables ont fait la loi, ont interdit d'allouer le moindre centime public. Le raisonnement était simple : si le public en a besoin, le public lui-même donnera l'argent. Et ils l'ont fait - Joseph Pulitzer, éditeur du New York World, a imprimé les noms de tous ceux qui ont envoyé 5 ou 60 cents de leurs dernières économies. Il est utile de s'en souvenir lorsqu'on lit que le Congrès a silencieusement alloué une vingtaine de millions de dollars supplémentaires pour la restauration de la statue de la Liberté. Les lois actuelles de l'Europe bureaucratique sont insensées. En Espagne, des régions agricoles entières sont devenues des déserts parce que les agriculteurs sont payés pour ne pas produire. En Italie, les champs sont couverts de panneaux solaires qui ne transmettent l'électricité produite nulle part parce qu'ils sont de toute façon payés pour cela ; en Allemagne, des Allemands économes allument des panneaux solaires... avec des ampoules électriques, car l'énergie ainsi produite est réinjectée dans le réseau à un prix élevé. Pouvez-vous imaginer l'Europe du XVIIIe siècle versant des subventions aux paysans ou le Parlement dictant la forme des concombres ?
Social-démocrate, pas européen. Donc, voici la première chose que je veux dire. Je ne comprends pas pourquoi les personnes qui parlent de tolérance, de justice sociale, de suffrage universel, de démocratie, etc. parlent de "valeurs européennes". Ce ne sont pas des "valeurs européennes". Ce sont des valeurs sociales-démocrates. Ce sont des valeurs qui n'ont rien à voir avec les valeurs épousées par Christophe Colomb, Newton, Vasco da Gama et même Thomas Jefferson. Ces valeurs ont émergé à la fin du XIXe siècle et ont été renforcées par les victoires électorales de la gauche et le pouvoir idéologique subversif de l'URSS de Staline. Ce ne sont pas non plus des "valeurs universelles". Ces valeurs n'ont pas été épousées par John Locke, Adam Smith ou les auteurs de la Déclaration d'indépendance. Plus important encore, ces valeurs ne sont pas partagées - dans un autre sens - par Ben Laden, les islamistes militants ou la racaille des pogroms de Londres. Ça, vous devez l’admettre, Cela pose un problème lorsqu'un groupe de musulmans déclare la banlieue londonienne de Waltam Forest zone de charia et promet d'y obliger les femmes à se couvrir le visage, et que les contempteurs libéraux de cette initiative hochent la tête : ici, on a ce type de point de vue multiculturel. Je n'aime pas qu'on parle de "valeurs universelles" ou de "valeurs européennes" pour quelque chose qui n'est ni l'un ni l'autre. Nous avons eu assez de ces bonnes choses en URSS. Tous les dirigeants étaient de grands fans des valeurs socialistes, qui étaient les plus progressistes et étaient censées prévaloir dans le monde entier.
Quelle est la prochaine étape ? Mais le plus important est ailleurs. Admettons, me direz-vous, que ces valeurs ne soient ni universelles ni européennes. Que la bureaucratie européenne et les intellectuels européens de gauche nous mentent. Mais le monde n'est pas immobile ! Qui sait ce que c'était au XVIIIe siècle ! Au 18e siècle, des gens étaient pendus pour avoir volé un poulet. Au XVIIIe siècle, il n'y avait pas de police à Londres, et le taux de meurtre était de 52 cadavres pour 100 000 (52 fois plus élevé qu'aujourd'hui). Au XVIIIe siècle, les gens ne se lavaient pas pendant des semaines, il n'y avait pas d'égouts à Londres et les enfants de 9 ans travaillaient 14 heures par jour dans les manufactures. Les femmes du XVIIIe siècle portaient des corsets et les perruques étaient censées avoir des pièges à puces - vous, Ioulia Leonidovna, ne voulez pas porter un corset et un piège à puces, n'est-ce pas ? Et il ne vous semble probablement pas juste que les enfants doivent travailler 14 heures par jour ? On avait de telles valeurs et maintenant on en a d’autres. Meilleures. Ma réponse sera la suivante. Tout d'abord, il n'y a pas besoin de faire semblant. Tu devrais appeler un chat un chat, pas un ornithorynque. N'appelez pas vos valeurs "européennes" mais honnêtement "sociales-démocrates". Et dire sans honte que les valeurs européennes originelles étaient des déchets, mais que nous les avons toutes abrogées et avons construit un nouveau monde magnifique. Deuxièmement, énumérez-moi toutes les valeurs. Ne me dites pas que la liberté d'entreprendre existe en Europe. Mais dites-moi honnêtement : "Nous, l'État, considérons qu'il est juste de prendre l'argent des travailleurs pour le donner à ceux qui ne travaillent pas. Car plus nous retirons d'argent, plus notre pouvoir augmente et plus les électeurs dépendent de l'argent que nous distribuons et votent pour nous." Énumérez vos valeurs dans le bon ordre, et si vous vendez du poulet, ne l'appelez pas carpe. Et troisièmement, voyez l’objectif. Bien sûr, tout change dans le monde - à part le désir de la foule de vivre à l’oeil et d'avoir un meneur pour donner ces prébendes. Mais voilà le problème. Pendant 500 ans, une toute petite partie du monde - l'Europe - a régi le monde. Elle a atteint cette puissance grâce à la propriété privée, au progrès technique, à la concurrence entre les pays européens, au sentiment de sa propre supériorité civilisationnelle et à un État minimal - par rapport à l'Asie. Au cours des 20 années qui ont suivi l'unification de l'Europe et le triomphe des "valeurs humaines", elle a dilapidé ce leadership. Même la Chine de l'ère Tsing n'a pas obtenu un résultat négatif aussi fantastique. » Ioulia Latynina - Novaya Gazeta
16-08-2011 15:26:00
Bon, ça vous déplait ? Pas mal de bêtises, des poncifs éculés, mais admettez que certains traits sont assez justes. Oui ? Non, vous trouvez tout inadmissible ou bien mettez ça sur le compte du style : c’est un pamphlet ! Elle ne peut pas penser ça notre copine… L-F. Céline non plus ne pensait pas vraiment toutes les vacheries qu’il a sorties, mais suffisamment quand même pour saluer la victoire d’Adolf.
Notre analyse de la Russie a été nulle : on a pensé que Poutine serait tenu en laisse par le goût de l’argent, il nous montre qu’il peut brûler la banque. Pas 500FF comme S. Gainsbourg, mais des milliards ! On a pensé que des journalistes très affutés nous aideraient à corriger ce qu’on ne pouvait aimer. Que des oligarques pouvaient faire de bons démocrates… on n’a rien compris ! Issue de la bonne société post-communiste, élevée sans doute dans une famille liée à l’appareil de l’État soviétique, la chère Ioulia a envoyé balader le discours que ses parents (muselés) étaient obligés de tenir en réunions de cellules… C’est une représentante typique de la génération des blancs-urbains-éduqués-égoïstes qui ont adulé les USA et fait tomber un Gorby étreint par les doutes, trouvant Eltsine plus punchy… Fille d’un poète qui ne fut pas particulièrement dissident et eut l’honneur d’entrer à l’Union des écrivains, Ioulia écrit bien, on l’a même traduite chez Actes Sud https://www.actes-sud.fr/node/35122
On pense connaître l’Ukraine, on se flatte d’entendre de la bouche de ses dirigeants ce que nous aimons penser de notre monde, de son ordre que nous espérons durable ; mais l’Ukraine n’est pas une et indivisible, elle ne pense pas comme ses dirigeants qui eux-mêmes auraient spontanément tendance à reprendre les arguments de madame Latynina. Zelenski a-t-il le choix de ses idées ? Sa survie dépend de notre engagement, ses mots sont dictés par cette urgence. Notre client n’est pas forcément un ami sûr auquel nous pouvons donner les clefs de notre maison.
