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Affaires d'argent

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Une certaine droite française à courte vue, calée sur le traditionnel égoïsme isolationniste de la droite dure américaine, déplore le coût exorbitant de la guerre d’Ukraine et s’interroge sur l’entêtement de l’administration américaine à dépenser tant milliards pour soutenir l’effort guerrier. Il est vrai qu’un soutien au développement harmonieux de l’économie ukrainienne depuis 2004 ou même seulement 2014, eut été moins onéreux, qu’un contrôle politique sur les élites corrompues de ce pays eut permis une hausse sensible du niveau de vie, des salaires et des retraites ; privant par là le Kremlin d’une part non négligeable de l’argumentaire dont on l’a vu faire usage dès 2014 à Sébastopol et cette année dans Kherson occupée aussi bien que dans d’autres villes…

On aurait pu faire les choses autrement ! Faire de l’Ukraine un modèle enviable, suscitant un afflux de Russes et Biélorusses fuyant l’impéritie qui caractérises leurs dictatures. Alors qu’on a eu au contraire longtemps l’inverse : des Ukrainiens fuyant en masse leur pays et pas toujours vers l’ouest car tout le monde n’avait pas la chance de s’y glisser ni de pouvoir s’y fixer. Des millions de migrants étaient travailleurs saisonniers en Grèce, en Pologne, en Hongrie et au Portugal mais revenaient au pays faute de permis de séjour… Des millions d’autres restaient en Russie, dans une situation inconfortable à tous égards mais plus supportable que la misère à domicile.

Au contraire de Trump, les administrations démocrates ont fait mine de s’intéresser aux Ukrainiens. Intérêt qui relevait de penchants malsains pour les avantages financiers (cf. les amitiés du couple Clinton avec des oligarques tels que Pintchouk) ou de passions plus malsaines encore, telles que celles dont Hunter, fils de Joe Biden, ne fit aucun secret. Ceci posé, le coût de la guerre d’attrition dont Poutine a déclenché le processus catastrophique va rester raisonnable si la guerre est gagnée par l’Occident comme on peut raisonnablement le prévoir. Ce coût et celui de reconstruction du pays ravagé va être porté par la dette de guerre. Contrairement aux réparations dont l’Allemagne ne s’acquitta qu’à la marge après 1918 ou après 1945, la Russie paiera plein pot, plus que les 60 milliards que son entreprise aura coûté à Londres et Washington. Parce qu’elle le peut et s’est mise en situation de le faire : son argent est déjà hors de son contrôle, aux mains de ses ennemis. Voyez ce que résume très justement le blogueur social-démocrate Pavel Pryannikov :

« À ce jour, 123 citoyens et organisations russes ont volontairement déclaré détenir 46 milliards de francs (49 milliards de dollars) en Suisse. Sur ce montant, les Suisses ont déjà gelé 8 milliards de dollars. Au total, selon l'Association suisse des banquiers, les Russes auraient placé 159 milliards de dollars d'actifs dans ce pays.

Il est difficile d'imaginer combien d'argent les patrons ont retiré de Russie, si la Suisse possède à elle seule 159 milliards de dollars. L'estimation de 1 000 milliards de dollars retirés de Russie se situe probablement dans la partie basse du spectre.

Pendant trente ans, les patrons n'ont été occupés qu'à une seule chose : sortir l'argent de Russie et le placer à l'étranger. Maintenant, ils prétendent être revenus à la raison. Ils se plaignent que les "méchants Occidentaux" les dépouillent de leur "richesse durement gagnée". Mais ils ne pleurent pas sur le fait qu'ils ont saigné/émasculé la Russie par cette extorsion d'argent, non seulement ils ne s’en repentent pas mais ils ne font même pas preuve de compréhension de ce qui est en train d’arriver.

Or, bien évidemment, l'Occident va confisquer une partie considérable de cet argent, directement l'empocher. C'est ce qu'ils font toujours avec les gens avides et stupides. Mais comme nous, Russes ordinaires, n'aurions de toute manière jamais vu cet argent, laissez-les corriger les imbéciles ! »