" /> Passivité - Dombast

Dombast

Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.

Passivité

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Un fameux journaliste qui a fait scandale à diverses reprises, a pris parti contre la réélection de Poutine en 2012 et s’est réfugié cette année à Londres. Célèbre et aimé malgré ses ambiguïtés, dont la page wiki n’explique rien de très parlant https://fr.wikipedia.org/wiki/Oleg_Kachine ce qui tient soit au désintérêt soit à la rétention d’information de la la part des spécialistes… Ce fameux trublion dont la chaîne YouTube très suivie présentait la semaine dernière un texte qu’il attribue à un ami qui souhaite conserver l’anonymat :

« Le 20 décembre 2022 marque exactement 300 jours depuis le début de l'opération militaire russe en Ukraine. Il y a dix mois, nous vivions encore dans un pays en paix et nous faisions preuve d'un optimisme prudent quant à l'avenir : le fléau du coronavirus reculait sous l'assaut des vaccins, l'économie montrait des signes de regain, enfin, l'hiver venait de se terminer. Quatre jours seulement allaient passer et le monde de dizaines de millions de personnes allait commencer à s'écrouler.

Il peut paraître cynique de le dire comme ça, mais les Ukrainiens ont eu de la chance d'une certaine manière : les bombes russes ne leur ont pas laissé le choix, elles ne leur ont pas permis de vivre comme avant la guerre. L'écrasante majorité des Ukrainiens ont un grand objectif : défendre l'indépendance de leur patrie. Le soutien de facto du monde entier a joué son rôle, d'abord dans les médias, puis sous la forme d'une véritable aide humanitaire et ensuite sous celles des livraisons d'armes. Les médias russes peuvent dire autant qu'ils veulent que Kiev s'appuie sur des pays où ne vivent que 15 à 20 % de la population mondiale. Mais ce sont ces États, le fameux Occident collectif, qui déterminent presque tout dans le monde moderne. Ce que nous regardons, ce que nous lisons et où nous le faisons, les équipements que nous utilisons, ce que nous conduisons et avec quoi nous travaillons. C'est une base arrière fiable, qui nous permet d'envisager l'avenir avec optimisme.

En Russie, en revanche, les choses se sont passées différemment. Globalement, le problème du printemps et de l'été peut être qualifié d'effet d'attentes déçues. Les "patriotes", après quelques semaines de campagne, ont commencé à poser des questions sur les dernières armes nationales et l'entraînement de l'armée, dans les cafés la "classe créative" s’est mise a disputer de "comment c'est arrivé" et a lentement quitté le pays. La majorité des Russes, une fois que les défaites au front ont commencé, ont été pris de vagues doutes sur l'avenir et sont devenus anxieux. Puis vint la mobilisation, un choc pour tous.

Après trois cents jours, des questions se posent à tout le monde : par quoi continuer ? La Russie peut-elle faire la guerre pendant une année de plus ? Oui, très probablement. L'Ukraine peut-elle se défendre et rester offensive jusqu'à la fin de 2023 ? Très probablement oui. Les Russes et les Ukrainiens en ont-ils besoin ? Non, mais personne n'a l'intention d'abandonner. L'Ukraine a goûté à la victoire et est prête à aller de l'avant. La Russie, comme diraient les ancêtres, se condense (dans la mesure où cela est possible pour la Fédération de Russie, bien sûr).

D'un point de vue réaliste, il y a désormais peu de chances que Moscou et Kiev parviennent à un consensus - personne n'aime perdre, et dans la situation actuelle, la défaite risque d'entraîner la mort du dirigeant qui signera une capitulation. La guerre va donc se poursuivre et il est très probable que la Russie et l'Ukraine échangeront leurs places en 2023. Les Russes n'auront plus le choix, la guerre viendra chez eux. La mobilisation, les "arrivées" (de corps NdT) et autres options accompagnant la guerre se feront sentir jusque dans les salons de Moscou. Les Ukrainiens verront leurs attentes déçues : les ressources du pays ne sont pas illimitées et il est loin d'être certain que l'Occident soutiendra l'Ukraine de la même manière si les combats se déplacent vers le territoire russe.

A partir d'aujourd'hui, les Russes ont trois options. On peut céder passivement, savourant la vieille tradition soviétique ; on peut quitter le pays et observer ce qui se passe de Tbilissi, d’Istanbul, avec un peu de chance, de Berlin ; enfin on peut s'impliquer activement dans un travail de changement de régime sur le territoire russe.

L'expérience historique suggère que la plupart opteront pour la première option ».