" /> Signal d'alarme - Dombast

Dombast

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Signal d'alarme

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En Russie on a préparé depuis une semaine les esprits à une allocution de Poutine programmée ce mardi 21 février qui mériterait d’être écoutée attentivement. La plupart des médias parallèles des réseaux sociaux doutent fort de l’intérêt de cet exercice et que ce discours révèle un vrai changement de cap. La marge de manœuvre du Kremlin est faible. Des sociologues ayant pu réaliser des sondages considèrent que les réponses qu’ils reçoivent sont biaisées, personne ne voulant condamner la guerre ni blâmer le chef d’État : jamais il n’a été aussi peu critiqué. Les chiffres de cet institut https://cipkr.ru/2023/02/06/100-letie-sssr-hod-svo-i-partijnye-indeksy-opros-tsipkr/ ont été compilés à l’occasion d’une centenaire de la fondation de l’URSS. Ils révèlent un double discours et soulignent que la sérénité apparente et l’allégeance au chef de l’Etat ne sont pas naturelles. Or, l’irrationnel doit inquiéter, le chaîne Telegram “Signaux“ https://t.me/ausguck s’en dit persuadée :

« Sociologie de la [pré]crise

(1) Nous pouvons conclure des résultats que l'anxiété dans la société en ce moment est en corrélation presque directe avec les résultats de l’armée en Ukraine : 48% des personnes interrogées ont déclaré qu'elles "évaluent la situation dans le pays" comme "alarmante".

A la question "comment se déroulent les événements pendant l'opération militaire spéciale en Ukraine pour la Russie ? 53% des répondants ont dit : "il y a quelque chose de troublant au fond" ; 20% ont choisi la réponse : "il y a quelques difficultés" et seulement 6% ont répondu que "tout se passe bien, comme prévu".

(2) Dans le même temps, le grand public n'a pas ressenti de manière négative le retrait des troupes russes de Kherson : "Difficile à évaluer, les militaires seraient mieux informés" ont répondu 49% ; "C'était une nécessité : la ville est difficile à défendre" - 35% ; "C'était une tragédie que la reddition d’un territoire de la Russie" - 6%.

(3) Réponses à la question "qui est à blâmer pour les malheurs de la Russie aujourd'hui ? L'Occident - 22% ; Nous-mêmes - 20% ; Eltsine - 16% ; Gorbatchev - 11% ; Personne, c'est le destin - 9% ; Poutine - 1% ; Lénine - 1%.

Si nous regroupons les données, nous remarquons une sorte de report de blâme très intéressante. Les coupables sont : a/ "Personne" (un vague "Nous-mêmes "+"Personne, tel est notre destin") : 29% ; b/ "Les ombres du passé" (Gorbatchev+Eltsine+Lénine) : 28% ; c/ "L’Occident" : 22% ; d/ "Autre" (ce qui équivaut à une non-réponse) : 20% ; e/ Poutine : 1%.

En même temps, la demande de la société pour un changement de pouvoir est extrêmement élevée. De plus, elle démontre une dynamique désastreuse pour le Kremlin. Les réponses à la question "La Russie a-t-elle besoin d'un changement de pouvoir [à quelque niveau que ce soit] ?" se répartissent comme suit :

a/ "Oui, un changement de pouvoir est attendu depuis longtemps". - 30% (en décembre 2020 seuls 16% faisaient cette réponse) ; b/ "C'est nécessaire en général, mais maintenant, du fait de l'opération militaire spéciale, le gouvernement ne peut pas être changé" - 36% (contre 25 % en décembre 2020 (à cette époque, les répondants ont fait référence à la pandémie Covid) ; c/ "Plutôt pas nécessaire" - 13% (en décembre 2020 - 22%) ; d/ "Les autorités font tout ce qu'il faut, nul besoin de changer" - 2% (en décembre 2020 - 23%).

Sur la base de ce qui précède, je pense qu'il est peu probable que le discours de V. Poutine ait quelque chose de révolutionnaire. Compte tenu du degré minimal de sa culpabilité aux yeux de la société et de l'attitude bipolaire de la société russe à l'égard de l'O.S.U. - anxieuse quant aux résultats, mais continuant à faire confiance aux dirigeants militaires - le message sera probablement une psychothérapie de masse avec des éléments d'esquisses historiques, des reproches aux "partenaires occidentaux" et des appels à un peu de patience.

Poutine a évité de prendre des mesures très spectaculaires pendant les périodes beaucoup plus calmes d'aujourd'hui. Toute réforme abrupte dans un environnement d'anxiété et d'incertitude risque de provoquer de nouveaux malentendus, un malaise et une irritation parmi les élites, qui commencent tout juste à s'habituer à la nouvelle réalité. Quant à la société, elle n'est pas un acteur significatif aujourd'hui : elle est dépolitisée, apathique et tend à se laisser glisser sur un trajectoire de survie. Néanmoins, à long terme, une telle politique n'apportera rien d'autre que des problèmes au régime. La Russie d'aujourd'hui est peut-être "l'État long de Poutine" (cf. théorie de V Sourkov NdT), mais rien n'est éternel.