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Immuabilité

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Ayant choisi de glorifier l’Ukraine en toute circonstance et stigmatiser la Russie à tout propos, la presse francophone passe sobrement sur les bêtises et exagérations des uns comme sur la lucidité de plus d’un commentateur russe, limitant ses sources à petit nombre de militants crédibles dont il se trouve qu’ils appartiennent tous ou presque à un unique milieu moscovite éduqué et privilégié qui aurait, en d’autres temps, soutenu la comparaison avec les ci-devant de l’aristocratie française réunis à Londres et Saint-Pétersbourg. Des gens merveilleusement raffinés et sans doute sincères mais dont la représentativité est aussi faible que fut celle des légitimistes français entre 1792 et 1815. Si l’on nous permet une comparaison osée, la Russie dispose de plusieurs Joseph de Maistre mais pas encore de son Louis XVIII pour succéder à l’usurpateur. Et cette évidence conduit les Fouché et Talleyrand de notre époque à se garder prudemment de toute incartade. Tant que le diable incarné n’est pas tombé, les traitres ne se déclarent pas…

L’échéance de Waterloo approche cependant à grands pas. Les états-majors des alliés de l’Ukraine en ont de plus en plus la certitude : une contre-offensive comparable à celle de septembre dernier pourrait briser les reins d’une armée russe singulièrement inapte et désorganisée. On parle de porter la guerre en Crimée où les Russes renforcent des fortifications, anticipant sur une retraite de 80 à 120km. Redoutes et retranchements sont largement identifiés par les ukrainiens et certaines batteries ont déjà été bombardées à distance par les super-canons occidentaux. On dit que Zelenski doute que la Crimée soit prenable mais nullement de la reconquête de toute la côte de la mer d’Azov qui lui fait face. Comme les forces en présence permettent une poursuite du confit jusqu’à l’automne, mais croit-on savoir, guère au-delà, la Crimée ne serait pas prise mais suffisamment ravagée pour que la Russie demande la paix.

N’étant pas du tout sujets à cette ardeur guerrière et surtout absolument incompétents en affaires militaires, nous nous contentons de proposer à plus avisé que nous des sources divergentes de la pensée “mainstream“. Nous ne tenons pas ces sources secrètes, cela n’aurait aucun sens ; non seulement parce qu’aucun secret n’a la vie dure mais surtout parce que nous ne faisons pas de notre expertise relative et notre familiarité avec les sociétés en guerre une source de revenus. Les sources alternatives non-fantaisistes et ne militant pas aveuglément pour l’un des deux belligérants sont plus nombreuses qu’on ne le dit.

Voici par exemple la chaîne Telegram Volya Média, environ 59.000 abonnés, qui se présente comme l’émanation d’un petit réseau de Russes passés côté ukrainien et se trouvant largement en Ukraine et/ou dans un pays balte. Cette source semble bénéficier d’informations plausibles émanant de cercles militaires russes comme ukrainiens. Leur slogan nous agrée : « Un canal pour ceux qui ont la volonté de penser et d’agir sans cesser de rester humains ». Extraits de messages parus les 24 & 25 mars :

«  Pourquoi les forces armées russes conduisent-elles de vieux chars à la guerre ? La vidéo et la photo d'un train chargé de T-54 et de T-55 brinquebalant grondant sur les rails d’une voie du Primorye (Province de Vladivostok NdT) ont suscité des dizaines de publications. Beaucoup ont écrit que ce déballage de vieux véhicules soviétiques montrait que les chars modernes avaient tous été détruits et qu'il n'y avait plus d'approvisionnement. Nous avons parlé à des officiers russes et à des experts militaires spécialisés dans l'industrie de la défense russe. Il s'est avéré que les choses n'étaient pas tout à fait telles que les ont décrites les chaînes de télévision russes et ukrainiennes. Il reste des T-72 et des T-80 dans les bases de stockage et en abondance, tous les chars russes ne sont pas brûlés en Ukraine. De nouveaux véhicules de ce type sont également produits, ainsi que des T-90 diversement réaménagés. Mais l'industrie de la défense est confrontée à des problèmes de composants. Courant décembre et janvier, il y a eu des pannes de roulements, sans lesquels il est impossible de produire de nouvelles machines. Selon des rumeurs émanant des entreprises, la Chine a fourni un petit lot pour une somme importante, mais il n'y a pas encore d'approvisionnement systématique. Outre les roulements, il n'y a pas de composants pour l'électricité et l'électronique, dont les chars modernes sont truffés. Il est donc impossible de fabriquer de nouveaux véhicules ou de moderniser les anciens. Dans le même temps, le besoin de chars du ministère de la défense ne faiblit pas, et c'est même l'inverse. C'est pourquoi on a commencé à retirer des bases de stockage à long terme les vieux chars T-54 et T-55 qui n'ont besoin d'aucun composant moderne. "Plus le char est moderne et plus il contient d'éléments électriques, sans parler de l'électronique, plus il souffre du stockage. Après l’entreposage, il faut encore beaucoup de temps pour le réparer. Et il y a des problèmes avec les composants. En ce qui concerne le T-54/55, il y a un problème : le vieillissement du caoutchouc. Il ne s'agit pas seulement des pneus des rouleaux, mais aussi de divers joints dans le moteur, les canalisations, etc. Cependant, tout est plus facile avec eux", précise un expert russe de l'industrie de la défense. Les BTRZ (usines de réparation et de modernisation de chars et de véhicules blindés) russes disposent de la capacité de production nécessaire pour remettre à neuf le T-54/55 après son déstockage. Il est plus facile de le faire que d'améliorer et de remettre en état les chars T-72/T-80 déclassés. Selon l'expert, il reste très peu de T-54/55 dans les forces armées russes, car ils ont été activement recyclés depuis la fin des années 80. "D'après mes données, il ne reste plus beaucoup de T-54/55. Il y en avait des dizaines de milliers. Mais à partir de la fin des années 80, ils ont été intensément mis au rebut. Il semble que même pour les musées, il soit difficile de les obtenir dans un état plus ou moins complet. Il est toutefois tout à fait possible que plusieurs centaines d'entre eux soient encore stockés quelque part", a déclaré l'expert. Des sources au sein du ministère russe de la défense affirment qu'il n'y a pas plus de 250 chars de ce type en stock, probablement moins. "Dans la situation actuelle, il importe peu de savoir quel char arrive sur la ligne de front, l'essentiel étant d'avoir ce char. Comme nous ne disposons pratiquement pas d'équipages normalement entraînés, nos T-72B3M et T-90 seront aussi faciles à détruire que n’importe quels autres en conditions de combat. Une source du ministère de la défense dit : "En ce sens, l’usage du T-55 permet d'économiser des ressources et de donner du temps à l'Uralvagonzavod" (UVZ, usine des wagons de l’Oural qui produit les chars contemporains NdT). "La thèse est confirmée : le meilleur char est celui qui est ici et maintenant. Peu importe qu'ils soient anciens ou récents, ils sont consommables", déclare un expert de l'industrie militaire russe. Selon l'armée, les chars ne seront pas enterrés et utilisés comme pièces d'artillerie : "Vu les moyens de destruction actuels, cela n'a aucun sens. Ils seront utilisés comme des chars conventionnels", déclare un officier du quartier général du groupe russe en Ukraine. Mais il est peu probable que les livraisons de chars T-54/55 permettent de gagner le temps nécessaire à la hausse de la production de chars d'Uralvagonzavod. Premièrement, elles sont peu nombreuses et ne dureront pas longtemps. D'autre part, la pénurie de composants est trop importante et il ne sera pas possible d'y remédier en quelques mois. Le 22 mars, le directeur de l'usine d'Iset a été arrêté ; il est accusé d'abus de pouvoir et de perturbation des approvisionnements du ministère de la défense. L'usine fabrique des connecteurs électriques, sans lesquels il est impossible de produire des chars ou d'autres véhicules blindés. L'usine manque de main d'œuvre et de matériel pour travailler, alors que les demandes de production du ministère de la défense sont énormes. Dans les mois à venir, il est possible que d'autres directeurs d'usine soient arrêtés et tenus pour responsables des années de désarroi de l'industrie de la défense. @Volyamedia

Pour ce qui concerne le nombre de victimes, les deux parties ont raconté n'importe quoi ces derniers jours. Les forces armées russes et les mercenaires Wagner affirment qu'à Bakhmout, le rapport est de 1 à 5 en faveur de la Fédération de Russie, tandis que les autorités ukrainiennes affirment qu'il est de 1 à 7 ou de 1 à 8 en faveur des Forces d'Ukraine. En réalité le rapport est aujourd'hui de 1 à 2, 1 et jusqu’à 2,5 en faveur des Ukrainiens. En termes quantitatifs, les pertes sont importantes. Pas autant qu'en décembre-janvier mais significatives, parce que les forces armées russes étaient épuisées à Bakhmout, et que Wagner manque d'hommes. À Kiev, l’administration présidentielle est à peu près convaincue que les chiffres des pertes ukrainiennes choqueront l'opinion publique et que les gens demanderont la paix. Nos conversations avec des sources en Ukraine tendent suggérer que tel n'est pas le cas, mais le gouvernement ukrainien fait des entorses à sa ligne de conduite et dissimule les pertes, inventant pour on ne sait quelle raison des histoires de rapport de 1 à 8, ce qui, nous semble-t-il, fait beaucoup plus mal que les chiffres réels. Oui, le chiffre est important, mais pas catastrophique. Le silence ne fait qu'alimenter les rumeurs.

En ce qui concerne les victimes civiles, la situation est encore plus compliquée. Différents systèmes de comptabilité coexistent et se chevauchent en partie. Le risque est donc grand de compter deux ou trois fois les mêmes corps. Par ailleurs, il existe des catégories entières de morts qui n'entrent tout simplement pas dans ce décompte. Le nombre de morts dans les territoires occupés n'est pas comptabilisé du tout. De même que dans les colonies de peuplement situées en première ligne. Il faudrait se débarrasser de Mme Verechtchchouk, et pas avec un balai, mais à coups de crosse, elle et son mantra sur l'absence de nécessité d'évacuation dans les zones de la ligne de front (Iryna A. Verechtchouk vice-Première ministre de l'Ukraine qui souhaite déporter les civils ayant collaboré avec les Russes NdT). Quoi qu'il en soit, nous travaillons également sur les victimes civiles. Nous disposons d’une fourchette, mais son écart est trop grand pour qu’elle soit publiée, nous devons être plus précis. Nous pouvons seulement dire pour l'instant que, sur le nombre total de victimes civiles depuis le début de la guerre, entre un cinquième et un quart se trouvaient à Marioupol et dans les localités voisines. @Volyamedia

Канал для тех, кто имеет волю думать, делать и оставаться при этом человеком "Воля" в твиттере: https://twitter.com/Volya_media

Un autre de nos sources décalées, « l’intuition russe », environ 34.000 abonnés, d’obédience plus patriotique mais démocrate et qui soutient les revendications des soldats contre le commandement, diffuse des vidéos de soldats mettant en cause des dysfonctionnements et des injustices, post éloquent du 12 février 2023 :

« L'espoir d'une issue au conflit peut se décliner comme suit en fonction du degré de votre détresse psychologique :

  1. Victoire russe complète avec destruction physique, capture ou fuite des dirigeants ukrainiens.

  2. Guerre pour 10 à 20 ans dans la dynamique actuelle, avec le risque constant d'une transition vers une quasi troisième guerre mondiale, une sorte de nouveau Moyen Âge en Europe de l'Est, dans et pour lequel Moscou et Kiev vont vivre, envoyant des générations et des ressources dans la fournaise commune de la guerre.

  3. Victoire totale de l'Ukraine, syndromes de Weimar et de Nuremberg pour la Russie.

Mais la réalité ne ressemblera à rien de tout cela. Ni fracas, ni guerre d’une longueur fantastique. Issue qu’on estimera bâtarde au vu de l’ensemble des sacrifices consentis par les parties, des négociations et de leurs résultats finaux. Sur le résultat précis - aucun doute : la mort de dizaines de milliers de Slaves des deux côtés, un retard technologique de 10 ans et une dépendance accrue des uns à l'Occident, des autres à la Chine. Or il n’est rien qui soit éternel sous la lune, et oui ! Poutine mourra, Zelensky terminera un autre mandat ou mourra, alors que les gens et les pays continueront à vivre et à guérir les blessures infligées par leur mentalité.

D'où la conclusion : l'agenda le plus positif qui puisse être tenu aujourd'hui :

  • Faire que chacun préserve son âme, ses enfants, ses parents et ses amis.

  • Réfléchir sur la façon dont les choses devraient être et comment elles devraient être faites.

  • En actes : auto-éducation, tentatives constantes d'articuler et de communiquer nos pensées de manière avisée aux personnes qui nous entourent, effectuer un travail honnête à la place qui est la nôtre, observer une attitude qui ne soit pas rustre, ni cannibale, ni consumériste envers les personnes qui nous entourent.

À dire vrai, “The End“. @intuition2036 Русская интуиция - только самое важное для России и нас с Вами Для связи - @herzen2036_bot