Le cuisinier chef de corps franc Prigojine accuse, lance des diatribes provocantes, diffuse des vidéos terrifiantes, sanguinolentes, tire des conclusions sommaires… il menace de se retirer et obtient in fine des munitions. Il laisse lundi 8 mai des espaces vacants sur le front, de part et d’autre de Bakhmout, et déplore ce jeudi 11mai qu’ils aient été comblés par des troupes ukrainiennes ravies de l’aubaine et non pas par des soldats russes. Imprécations, injures… Nesmiyan “el-Murid“ en vient à songer que l’intuition de Douguine pourrait être bonne : Wagner représente le peuple et peut prendre le pouvoir en son nom, sur un programme pseudo-social… Nous ne partageons pas du tout cette analyse, considérant Prigojine comme une baudruche qui n’a pas la carrure et ne proposera rien. Mais, sachant que Nesmiyan dispose de relais qui nous font défaut, nous prenons note de son avertissement :
"Les déductions de Prigojine sont identiques à celles que faisait Strelkov au printemps et à l'été 2014. Semblables même du point de vue stylistique. Ce n'est pas une surprise, l'histoire se répète littéralement.
Au milieu de la grisaille et la sordidité intégrales des dirigeants russes à tous les niveaux et à tous les échelons, y compris les plus élevés, quiconque s'élève ne serait-ce que d'un pouce au-dessus de cette morosité est bien perçu par les gens, qui manifestent un espoir non dissimulé : eh bien, peut-être qu’au moins ça fonctionnera avec lui ?
Quoi que disent les sociologues sur l'amour et la dévotion immenses du peuple pour son oint du Seigneur, tout le monde en a, en réalité, marre de lui, et sa "camarilla" n'est pas mentionnée sans blasphème dans les conversations privées, comme le révèlent plusieurs appels téléphoniques ayant fait l'objet de fuites (allusion à des conversations récentes d’oligarques, notamment celle d’un proche de Setchine évoquant son projet de fuite à Bali NdT)
Dans un tel contexte, l'immortel «Перемен требуют наши сердца» (« nos coeurs exigent des changements » refrain d’une chanson du groupe Kino NdT) n’a plus rien d'exceptionnel. Ils exigent, même si leur esprit n'est pas capable de le traduire en termes verbaux. Ou plutôt, il le peut, mais pas pour tout le monde. D'où l'attente générale de nouveaux visages, de nouvelles personnes. N'importe qui, mais pas cette abomination écœurante. Le sujet n'est pas Prigojine, la question réside dans cette attente générale : quand donc, enfin !
La seule chose qui dépend de Prigojine dans cette situation est de savoir s'il se montrera assez mûr pour se servir de cette ressource, qui est encore à l'état latent. Strelkov n'en a pas été capable, bien qu'en 2014 et même en 2015 il ait eu une occasion fantastique de le faire.
La figure de Prigojine n'est en soi pas du tout enthousiasmante, c'est le moins que l'on puisse dire, mais cela n'a aucune importance. C'est ici que les lois de la psychologie sociale entrent en jeu. Des motifs irrationnels qui sont extrêmement difficiles à "calculer", mais qui ne sont pas moins réels que les facteurs objectifs "calculables". Ils indiquent d'ailleurs un couloir dans une seule et même direction. Et il n'y a tout simplement pas moyen de s'en écarter. » Anatoli Nesmiyan, le 11 mai à 17h https://t.me/anatoly_nesmiyan
