Qu’il ne vous vienne surtout pas à l’idée de dire quelques vérités désagréables sur la Géorgie, l’adorable bijou caucasien serti de merveilleuses montagnes et exclusivement peuplé d’artistes affables, de généreux buveurs-conteurs et inoubliables commensaux ! Si vous en venez à dire que les beaux chanteurs et danseurs ne forment pas la majorité du peuple, que le charme apparent de ce pays est une façade trompeuse, vous vous heurterez à une surdité générale. Le Géorgien aime dire du bien de soi et son peuple et vous persuade aisément de son originalité, sa vertu exemplaire… aussi peut-il être bon de se reporter au nombre croissant de jeunes en rupture qui dressent un portrait moins flatteur, tel cet Aleko, le type du Géorgien internationaliste et moderniste, de ces éduqués parfaitement trilingues se sentant à l’étroit dans leur pays étriqué et pouvant faire déjà valoir une carrière d’expatrié :
« Chimères du peuple ou pourquoi la Géorgie n'arrivera jamais à rien.
L'image dont j'ai été témoin hier en Géorgie a une fois de plus confirmé ma thèse selon laquelle cette petite mais fière nation n'est pas prête pour la "feuille de route européenne" et l'Occident. De même qu’elle n'était pas prête il y a quinze ans, elle n'est toujours pas prête aujourd'hui, et Dieu sait quand elle le sera.
Je suis dans la file d'attente d'une caisse de supermarché et deux enfants d'une dizaine d'années se trouvent devant moi. L'un d'eux dit à l'autre : "Volons une barre de chocolat Bidjo, il ne nous arrivera rien. Les "voleurs" (représentants du monde criminel ou blatnye) prendront notre défense et nous tireront d'affaire. Et l’autre de répondre par le fameux chant populaire Les voleurs m'appellent : "j’entends l’appel des voleurs qui me demandent conseil, mais pourquoi donc ai-je besoin de leur aide ?" Une demi-heure auparavant, j'étais à la veillée funèbre d'une connaissance décédée d'une overdose à l'âge de 35 ans, et ses "amis" ont jeté son corps dans les bois comme un chien.
On pourrait penser qu'il s'agit de cas isolés, et que les mômes faisaient de l'humour entre eux. Mais non. Ce sont les deux cornes de Satan, les fléaux mêmes de la société, qui ne permettent pas à la Géorgie d'avancer dans la bonne direction et sur lesquels il est d'usage de garder le silence : la mentalité je-m’en-foutiste et les ententes tacites doublés d'une dépendance totale à la "drogue douce", qui décompose tous les jeunes en miettes nauséabondes.
Je me torture avec cette question : pourrait-il en être autrement, étant donné que depuis des décennies et jusqu'à ce jour, plus de 60 % des "voleurs dans la loi" dans le monde sont originaires de Géorgie ? (Vory v zakone des anciens empires russe et soviétique, l’élite des bandits qui vivent dans la loi du crime NdT) Les concepts de base nous viennent avec le lait maternel ; ils sont inscrits dans le firmware de notre génome.
À cela s'ajoutent les ambitions exorbitantes de ceux qui croient qu'ils devraient tout obtenir pour rien en raison de leur appartenance à un groupe exclusif. Pour qui vous prenez-vous, je vous le demande ? Avez-vous demandé aux Européens s'ils veulent voir une autre Bulgarie et une autre Roumanie dans l'UE ? Au lieu de commencer par vous-mêmes et de façonner une nouvelle nation qui pourra offrir quelque chose à l'Occident en améliorant les qualités du partenariat, vous préconisez stupidement de fermer les yeux sur vos propres lacunes.
Notre réputation est déjà ruinée en Europe par le travail des "vieux garçons" qui n'y vont que pour les "affaires". Je peux témoigner du fait que, dans l'un des districts de Koutaïssi, un membre d'une famille sur trois se rend régulièrement en Europe pour y voler. À son retour, il se met à critiquer l'Occident, à énumérer des mantras sur les pédés et à maudire Saakashvili ...
Qui es-tu homme de mauvaise vie ? un parasite, une métastase qui se propage ? L'homme que vous êtes en train de tuer à petit feu en prison vous a ouvert les portes de l'Occident, a placé la Géorgie sur la carte du monde, vous a permis de voyager sans visa dans l'UE et mis votre cul sur un vol direct Koutaïssi-Paris. Il vous a offert des conditions de "travail" confortables. Seulement, Saakashvili espérait que vous verriez le monde, que vous en apprendriez quelque chose, que vous deviendriez érudits. Au lieu de cela, à cause de gens comme vous, dans les boutiques hors taxes de l’aéroport de Rotterdam, il est écrit en géorgien : "Ne volez pas". À cause de gens comme vous, la première chose que les étrangers disent lorsqu'ils me rencontrent dans la lointaine Shanghai, c'est que des Géorgiens ont " dévalisé " la maison de leurs parents en Allemagne. C'est grâce à des gens comme vous qu'une vieille femme ukrainienne me raconte en pleurant sur la plage qu'on lui a volé 20 000 dollars.
Et la seule chose qui ne les laisse pas en paix, le seul pseudo-argument qui sert à couvrir tous les actes de leur vie, ce sont les pédés. Les pédés, ces diables partout, l'Occident maudit avec ses gays, etc. Tout cela est couvert par le paravent de la religion, bien sûr. Il y a quelques jours, un rassemblement LGBT s'est achevé à Tbilissi, sur un terrain alloué et fermé au bord du lac Lisi. Et ces "hommes de droite", dont la moitié revenait tout juste d'Europe avec des montres et des bracelets Cartier pillés, sont allés tout casser sur place après quelques bonnes rasades. Avec quels slogans ? Arrachant les drapeaux de l'Ukraine, ils ont hurlé contre les Américains, l'Occident corrupteur et sacré "saint" le grand-père Poutine. Mais ils n'ont pas oublié une chose : de voler beaucoup de caisses de Coca-Cola dans les camions de nourriture et de boissons qu’ils ont ravagé. La religion, telle qu'ils la conçoivent, ne leur interdit pas de le faire.
Puis-je, avec le pouvoir et la force que j'ai entre les mains, faire quelque chose ? Bien sûr, en une semaine ! Mais vous me trouveriez mort dans cette même forêt, avec les millions de coups de couteau de chaque mécontent, et avec ma vérité, dont personne ici n'a besoin. »
@ZarnadzeAleko le 12 juillet à 10:04 traduit par Divide
