" /> Navalny pertubateur - Dombast

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Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.

Navalny pertubateur

- Posted in Lettres internationales by

Nous n’allons pas commenter la mort de Madame Carrère d’Encausse. Il y aurait trop à dire, énumérer ses erreurs et ses faussetés serait trop fastidieux. En guise de réponse à cette calamiteuse pseudo-experte qui a, quant à la nature du régime russe, induit en erreur Jacques Chirac et plus d’un autre décideur de premier plan, nous allons traduire in extenso la dernière lettre de prison d’Alexeï Navalny. Elle sera l’acte d’accusation d’une très nuisible « secrétaire perpétuelle » que la postérité va oublier vite.

Mais cette lettre n’a pas été adressée à l’académicienne qui fit la promotion de Boris Eltsine et de son régime puis préconisa de trouver des points d'accord avec son successeur. Elle condamne en premier lieu les Russes fortunés qui se sont mis à l’abri en Europe et qui, de leur exil doré, font croire que leur nouvelle bourgeoisie ne porte aucune responsabilité dans la dérive autocratique ni non plus dans la terrible guerre qui ensanglante l’Ukraine.

« Mes craintes et ma détestation

Il y a longtemps que j'ai l'intention d'écrire sur ce sujet. Que ce soit donc le premier de mes messages après la nouvelle sentence ! Une confession en quelque sorte. J'ai besoin de surmonter cette haine et cette frayeur, peut-être que vous pouvez m'aider à le faire.

La haine. Les gens posent toujours beaucoup de questions à ce sujet, et de nouvelles lettres nous sont parvenues à ce sujet : haïssez-vous le juge ? haïssez-vous Poutine encore plus ? J'ai déjà dit à maintes reprises que la haine est le principal obstacle à surmonter en prison. Tu as tellement de raisons de haïr, et ton impuissance est un puissant catalyseur de ce processus. Si tu lui lâches la bride, elle te dévorera et rongera jusqu’à l’os.

Mais je vais être honnête, je l'ai. J'en ai à foison. Les vieux routiers de l'Internet se souviennent du mème : "Je hais férocement, rageusement". C’est à peu ce que ça donne. Et à vrai dire, c’est plus fort après chaque "procès". Le dernier, d'ailleurs, où j'ai pris 19 ans, n'était pas de ceux-là. Nous y avons au contraire tous rivalisé d'amabilités. Pendant tout le déroulé, personne n'a élevé une seule fois la voix. C'est le type de juge le plus dangereux : il vous colle 19 ans tout en vous menant à sympathiser avec lui.

Les sessions d’un tribunal de district local me rendent plus furieux. Dans les affaires les plus simples, il n'y a pas de place pour les astuces juridiques, et les juges disent simplement et franchement à propos du noir : "Ceci est blanc, regardez, dans le certificat c'est écrit - blanc" et prennent des décisions manifestement illégales.

Même s'il m'arrive parfois, n’en pouvant plus, de crier sur un certain Samoïlov "juge", ce n'est pas lui que je déteste de toute ma haine. Ni les flics, vrais voleurs hors-la-loi de la colonie pénitentiaire. Ni les officiers du FSB qui les commandent. Et même, vous en serez surpris, pas Poutine. Je déteste dans ces moments-là ceux que j'ai aimés. Pour qui j'ai tenu comme un roc, pour qui j'ai plaidé à fond. Et je me déteste moi-même pour les avoir aimés un jour.

Voyez plutôt. Enfermé dans mon SHIZO (isolateur NdT) je lis le livre "Je n’ai pas peur du mal" de Nathan Chtcharansky (je le recommande). Chtcharansky a fait neuf ans de camps en URSS et a été échangé en 1986. Il est allé en Israël, a créé un parti qui a connu un grand succès. Bref, c’était un balaise. Au fait, il a passé 400 jours dans des cellules de punition et au SHIZO. Et vraiment je me demande comment il a survécu.

Bon, Chtcharansky décrit son arrestation et l'enquête. 1977. J'avais un an à l'époque. Le livre a été publié en URSS en 1991. J'avais 15 ans à l'époque. Aujourd'hui, j'en ai 47 et lorsque je lis son livre, je secoue parfois la tête pour me débarrasser de l'impression que je suis en train de lire mon dossier personnel. Par exemple : le bâtiment SHIZO/PKT - une caserne séparée derrière des barbelés. La durée maximale de détention au SHIZO est de 15 jours. Mais je n'ai pas été surpris lorsqu'après plusieurs "fautes" consécutives, j'ai été transféré en tant que récidiviste dans un PKT pour six mois. Du kif-kif.

Dans la préface (je vous rappelle que nous sommes en 1991), Chtcharansky écrit que c'est dans les prisons que le virus de la libre-pensée persiste, et il espère que le KGB ne trouvera pas "d'antidote à ce virus". Chtcharansky se trompait. L'antidote a été trouvé. De sorte qu'on dirait bien qu’aujourd'hui, en 2023, il y a plus de prisonniers politiques en Russie qu'à l'époque de Brejnev-Andropov. Mais quel est le rapport avec le KGB ? Il n'y a pas eu dans notre pays de coup d'État, ni rampant ni manifeste, mené par des membres des services spéciaux. Ils ne sont pas arrivés au pouvoir en écartant les réformateurs démocrates. Ça s’est fait tout seul. Ils les ont appelés eux-mêmes. Ils les ont eux-mêmes invités. C’est eux qui leur ont appris à truquer les élections. Comment voler la propriété de pans entiers de l’industrie. Comment mentir aux médias. Comment changer les lois à leur convenance. Comment supprimer l'opposition par la force. Et même à mener des guerres idiotes et sans gloire.

C’est pour cela que je ne peux pas contrôler ma haine inextinguible de ceux qui ont vendu, bu et gaspillé la chance historique que notre pays avait au début des années quatre-vingt-dix. Je hais Eltsine avec ses "Tanya et Valya", Tchoubaïs et le reste de la famille corrompue qui a mis Poutine au pouvoir. Je déteste les escrocs que nous appelions sans raison des réformateurs. Aujourd'hui, il est clair comme le jour qu'ils n'ont fait qu'intriguer et s'occuper de leur propre bien-être. Dans quel autre pays a-t-on vu autant de ministres du "gouvernement réformateur" devenir millionnaires et milliardaires ? Je hais les auteurs de la constitution autoritaire la plus stupide, qu'ils nous ont vendue, à nous les idiots, comme une constitution démocratique, donnant à ce même président les pouvoirs d'un monarque à part entière.

Je les déteste particulièrement pour le fait qu'il n'y ait même pas eu de tentative sérieuse de supprimer les causes de l'anarchie - de procéder à une réforme judiciaire, sans laquelle toutes les autres réformes sont vouées à l'échec. J'étudie beaucoup cette question en ce moment. En 1991, la RSFSR a adopté un bon schème de réforme judiciaire, mais à partir de 1993, ont débuté des contre-réformes visant à consolider une verticale judiciaire. À l'époque, toutes les forces politiques voulaient des tribunaux honnêtes. Il y avait un consensus complet dans la société. Si un pouvoir judiciaire indépendant avait été mis en place, une nouvelle usurpation aurait été impossible ou du moins rendue très difficile. Il ne faut donc pas s'y tromper : l’organe qui aujourd'hui condamne des innocents à des peines de 8, 15 ou 20 ans de prison a été mis en place bien avant Poutine. Et maintenant, c'est clair : personne au Kremlin et au gouvernement des années 90 ne voulait d'une justice indépendante. Car un tel système judiciaire aurait été un obstacle à la corruption, à la fraude électorale et à la transformation des gouverneurs et des maires en seigneurs inamovibles.

Je déteste ceux qu’on a qualifié de "médias indépendants" et de "public démocratique" qui ont soutenu sans réserve l'un des tournants les plus dramatiques de notre histoire récente : le trucage de l'élection présidentielle de 1996. Encore une fois, j'étais un partisan actif de tout cela à l'époque. Pas de la fraude électorale, bien sûr - je n'aurais pas aimé cela même à l'époque - mais j'ai fait de mon mieux pour l'ignorer, et l'injustice générale de l'élection ne m'a pas gêné le moins du monde. Aujourd'hui, nous payons le fait qu'en 1996, nous pensions que la fraude électorale n'était pas toujours une mauvaise chose. La fin justifiait les moyens.

Je déteste l'oligarque Gousinsky (même s'il n'est plus un oligarque) parce qu'il a ostensiblement embauché Bobkov, ex-chef adjoint du KGB, qui avait été chargé de persécuter les dissidents. À l'époque, ça leur a semblé une bonne blague : “ha-ha, il a mis des innocents en prison, et maintenant il travaille pour moi“. Un peu comme un ours en livrée de larbin. Ainsi, non seulement il n'y a pas eu de lustration, mais on a encouragé les crapules. Et maintenant, littéralement, ceux qui ont travaillé pour Bobkov, ont été ses jeunes collaborateurs, mettent Yashine, Kara-Mourza et moi-même en prison.

On entend souvent dire que le gouvernement Eltsine n'a rien pu faire parce que les communistes du parlement l’en empêchaient. Mais cela n'a pas empêché les marchandages électoraux de 1996. Et va savoir pourquoi cela a empêché la réforme judiciaire et la réforme des services de sécurité.

Je déteste tous les dirigeants de la Russie qui, en 1991 (après le putsch) et en 1993 (après la fusillade du parlement), détenaient le pouvoir absolu et n'ont même pas tenté de procéder à les réformes démocratiques les plus évidentes. Ce qui a été fait en République tchèque (où il y a maintenant une démocratie et où le salaire moyen est de 181 000 roubles), en Pologne (démocratie et 179 000 roubles), en Estonie (démocratie et 192 000 roubles), en Lituanie (démocratie et 208 000 roubles) et dans d'autres pays d'Europe de l'Est. Bien sûr, il y avait les gens les plus divers au pouvoir à l'époque. Dont de très bonnes personnes, honnêtes et sincères. Mais la lutte vaine et désespérée de cette infime minorité ne met que mieux en valeur la corruption et l'absence de scrupules de l'élite au pouvoir à l'époque.

Ce n'est pas avec Poutine en 2011, mais avec Eltsine, Tchoubaïs, les oligarques et toute la bande du Komsomol qui se disait "démocrate" que nous sommes tournés non pas vers Europe, mais vers l’Asie centrale en 1994. Nous avons échangé notre avenir européen contre les villas de "Tanya et Valya" sur l'"île des millionnaires" de Saint-Barthélemy. Et lorsque les fameux officiers du KGB/FSB de Poutine ont pu accéder librement à des postes politiques, ils n'ont rien eu à faire. Ils se sont contentés de regarder autour d'eux et de s'exclamer avec stupéfaction : “de telles choses sont donc possibles ? Et si les règles du jeu sont telles qu'il est possible de voler, de mentir, de falsifier, de censurer, et que tous les tribunaux sont sous notre contrôle, alors nous allons opérer un bon retournement de situation“.

Nous avons lâché la chèvre dans l'entrepôt de choux et nous nous étonnons qu'elle ait mangé tous les choux. C'est une chèvre, sa mission et son objectif sont de manger des choux, elle ne peut penser à rien d'autre. Il est inutile de la secouer. Tout comme le fonctionnaire du FSB de Poutine ne peut penser à rien d'autre qu'à construire une énorme maison et à emprisonner ceux qu'il n'aime pas. Si je ne supporte pas la chèvre, je déteste plus ceux qui la laissent entrer dans l'entrepôt à choux.

Mais bien sûr, je me rends compte qu'il vaut mieux ne pas haïr qui que ce soit, mais réfléchir à la façon de ne pas recommencer. Ici j'en viens à ma grande peur. Je ne me contente pas de croire, je sais que la Russie aura encore une chance. Il s'agit d'un processus historique. Nous reviendrons à la croisée des chemins.

Horrifiée et couvert de sueur froide, la nuit je sursaute dans ma paillasse, quand il me revient que nous avions il y a peu une nouvelle chance, mais que nous avons repris le même chemin que dans les années quatre-vingt-dix, qu’indique le panneau "la fin justifie les moyens". Où figure en petites lettres : "truquer les élections n'est pas toujours une mauvaise chose", "regardez ces gens, quel genre de jurés pourraient-ils faire ?", "peu importe que ce soit un voleur, au moins c'est un technocrate et il est pour les pistes cyclables", "si vous laissez ces gens libres, ils éliront de telles personnes", "en fin de compte le gouvernement est toujours le seul Européen en Russie", et d'autres lucidités de l'autoritarisme éclairé.

Ce que j'écris là au sujet des années quatre-vingt-dix n'est pas un exercice d’histoire, une cogitation ni une jérémiade dérisoire. Il s'agit de la question de stratégie politique la plus importante et la plus urgente pour tous les partisans de la voie européenne et du développement démocratique. J'ai été impressionné, vous le savez, par le grand nombre d'opinions divergentes concernant notre enquête sur Alexeï Venediktov et Ksenia Sobtchak. Ils ont reçu des dizaines et des centaines de millions de roubles prélevés sur le budget de l’Etat, privatisés par le parti Russie Unie. Venediktov a reçu 550 millions au moment même où, responsable du quartier général de contrôle des élections, il organisait directement le vol de votes. Il était le visage, le propagandiste et en même temps le contrôleur du vote électronique, dont le but est de prendre votre vote pour le mettre dans la pile du candidat de Russie Unie. Le trucage des machines est parfaitement prouvé et ne fait l'objet d'aucun doute. J'ai donc été étonné de trouver un nombre important de personnes pour qui ni les éléments du schéma "argent du trésor public et fraude électorale" ni leur combinaison "argent du trésor public pendant la fraude électorale" ne sont diffamatoires ou significatifs. Bah, c'est n'importe quoi. Oui, certes, quelque chose a été altéré à cet endroit, mais il n'y a aucune preuve qu'il ait été payé pour la falsification – on a juste payé et puis il y a seulement eu falsification. Et puis tout cela s'est passé du temps des mammouths. Mais ça commence en 2019. Personne ne s'en souvient plus. Tout cela n'a pas d'importance, ce qui compte, c'est qu'il est maintenant "contre la guerre". Comme le décrit clairement l'un des tweets sur le sujet, la nouvelle idée nationale se résume à : “et alors, la belle affaire ?“

C'est un exemple isolé, mais qui, comme la situation de Mourzagoulov, comme les appels de Khodorkovsky à prendre les armes et à rejoindre les escadrons de Prigojine, montre parfaitement que même aujourd'hui, en l'an 23, sur fond de répression, d'emprisonnements et de guerre, la fidélité aux principes est encore remise en question et considérée par beaucoup comme une attitude naïve, romantique, et plus généralement comme du manichéisme. La loyauté interpersonnelle, l'affiliation à une entreprise, les vieilles amitiés sont considérées par beaucoup comme plus importantes.

Je ne suggère en aucun cas qu'Alexei Venediktov soit fusillé, pendu ni même tondu. Il n'est pas nécessaire de commettre des atrocités. Mais il est possible de NE PAS APPROUVER ce qu'il a fait (et continue de faire en affirmant que les outils informatiques n’étaient pas truqués), et de ne pas le considérer comme un allié politique. Car, je suis désolé, si nous avons pour allié politique quelqu'un qui vend nos votes à Russie Unie, alors qui sommes-nous en fait, à quoi servons-nous ?

Il n’y a plus qu’à rejoindre Russie Unie. Créons en son sein une faction de Sobyaninistes purs et durs (je les appelle ainsi), la base est déjà en place. Le Fonds de lutte contre la corruption s’empressera de disculper s accusés dans presque toutes ses enquêtes sur l'équipe de rêve : Ksenia Sobtchak (une, deux), Alexei Venediktov, Maxim Katz (un, deux, trois), et Kirill Martynov, un ancien activiste de Nashi (organisation de jeunesse de Poutine NdT) devenu maintenant directeur de Novaya Gazeta pour une raison inconnue. Tout ira bien. Il y aura beaucoup d'argent. Nous, fervents Sobyaninistes, exigeons que l'on nous débarrasse immédiatement du mauvais Poutine et que l'on nous donne les bons Sobyanine et Mishoustine, Shouvalov et Liksoutov. (Sobyanine est maire de Moscou, Mishoustine premier ministre, etc. NdT)

Aussi, n’en doutez pas. Demain, une nouvelle chance se présentera, de celles qu’on nomme fenêtre d'opportunité ; demain précisément nous devrons nous arranger de ceux qui pensent qu’à certains moments les élections doivent être annulées ou truquées ("sinon ils vont élire des extrémistes"), que la corruption des journalistes est normale ("nous ne payons personne, nous avons juste demandé à un oligarque que nous connaissons d'acheter cette chaîne de télévision"), qu’il faut tenir les tribunaux en lisière ("sinon on va acheter les juges et les jurés"), que le personnel d’encadrement ne doit pas être modifié ("ce sont des professionnels, on ne va quand même pas recruter des gens dans la rue"), et ainsi de suite. Jusqu'au point où le contrat pour la construction de ce pont ne pourra pas être attribué sur appel d'offres, mais à un "entrepreneur fiable" avec lequel nous travaillons depuis longtemps. Et ceux qui ont de telles idées ne seront plus du tout des poutinistes ou des communistes - ils se donneront à nouveau les noms de démocrates et libéraux.

La vie réelle est difficile, dure et pleine de compromis avec des personnes désagréables. Mais qu’au moins, nous tâchions de ne pas nous-mêmes devenir pro-activement des personnes désagréables faisant bon accueil à la corruption par des machinations cyniques avant même que les circonstances n'exigent des compromis.

Je crains fort que la bataille pour les principes ne soit à nouveau perdue sous le mot d’ordre de la "realpolitik". Merci de me conseiller sur la manière de me débarrasser de cette haine et de cette peur. Je serais très intéressé de lire certaines de vos réflexions à ce sujet. Je vous le redemanderai, on m’enverra vos critiques par courrier s'il y en a. Pour l'instant, il me semble n’avoir rien de mieux à faire que rester fidèle à moi-même et expliquer inlassablement aux gens, à l'aide de nombreux exemples (à ce propos, le livre de Gouriev et Treisman "Spin Dictators the Changing Face of Tyranny" est sorti en russe, on y trouve beaucoup de choses à ce sujet, je le recommande vivement) que les principes démocratiques - pragmatisme, indépendance du système judiciaire, élections équitables et égalité devant la loi - sont les meilleurs mécanismes de la vie réelle dans sa dureté et sur la voie de la prospérité. Tandis que les fonds secrets partagés et les rêves d'un bon dictateur sont des chimères et des absurdités naïves. (Sergueï Gouriev est un économiste en exil en France NdT)

Ce n'est que lorsque l'écrasante majorité de l'opposition russe sera composée de personnes qui n'acceptent en aucun cas les élections truquées, les tribunaux manipulés et la corruption que nous pourrons gérer correctement la chance qui ne manquera pas de revenir. Pour qu’en 2055 personne ne lise le livre de Chtcharansky du fond d’un pénitencier en se disant : "Wow, c'est exactement comme pour moi".

Traduit par Divide Original : https://navalny.com/p/6651/

Nota Bene : nous sommes de ceux pour qui ce texte n’enfonce que des portes ouvertes mais il nous paraît important de le publier in extenso parce qu’il est peu probable qu’il soit correctement et intégralement traduit ailleurs, compte-tenu du poids du lobby qu’il égratigne. Pour mémoire, Alexeï Venediktov a dirigé la radio d’opposition Echo de Moscou, suspendue en mars 2022. Kirill Martynov actuel directeur européen du journal d’opposition en exil Novaya Gazeta a organisé en 2004 un mouvement patriotique et s’est prononcé pour l’annexion de la Crimée en 2014 https://en.wikipedia.org/wiki/Kirill_Martynov