Les chiffres des migrations humaines sont impressionnants. Ils en disent long sur la misère. Selon l’ONU, on compte sur terre 322 millions de migrants involontaires. À cette aune, ceux qui relèvent de pays dont nous parlons sur ce site ne sont pas si nombreux. Les Ukrainiens ne pèsent pas lourd, à peu près autant que les Afghans répartis en Iran et Pakistan, respectivement 4,5 millions et 3,2 millions (ce dernier chiffre date d’octobre dernier juste avant la décision d’en chasser plusieurs centaines de milliers, nombre estimé par des témoins oculaire à 650.000). L’Iran ne chasse pas les Afghans, ils vont et viennent suivant un mouvement pendulaire déterminé par le taux de change de leur monnaie nationale en Rials iraniens. Si la dévaluation et l’inflation iraniennes sont supportables, travailler en Iran reste avantageux. Sinon, ils repartent, pour revenir quelques mois plus tard… Dans une proportion difficile à estimer, bon nombre de ceux qui ne repartent pas se destinent à la poursuite du voyage vers l’Ouest. Ne pouvant aller en Turquie, beaucoup tentent de passer en Russie d’où on les laisse tenter leur chance par la Finlande ou les Pays baltes. Certains reçoivent des visas pour la France et l’Allemagne dans le cadre de regroupements familiaux, ce qui scandalise les Iraniens auxquels sont en général refusés tout visa depuis les émeutes de l’automne 2022. Les Iraniens qui veulent émigrer passent donc en Turquie où ils entrent toujours librement alors que ce pays est fermé aux Afghans, même titulaires de carte de résidents en Iran. https://data.unhcr.org/en/situations/afghanistan
Sur le nombre d’Ukrainiens, on dispose des chiffres de l’ONU : 6.332.700 réfugiés auxquels s’ajoutent les 3,674,000 déplacés à l’intérieur du pays https://data.unhcr.org/en/situations/ukraine L’impact de la guerre est colossal. Nous devons en prendre la mesure pour comprendre la fatigue réelle des populations bien qu’il n’en soit guère question dans nos médias.
Le nombre des Russes déplacés est moins net, difficile à estimer puisque leurs allées et venues ne sont pas décomptées. Plus d’un million sont sortis en 2022 mais combien sont rentrés ? Certains pays s’estiment débordés comme la Géorgie (beaucoup de Géorgiens croient leur identité menacée), idem pour la Lettonie ou l’Arménie tandis que d’autres, hébergeant une masse tout autant disproportionnée au regard de leur population autochtone, ne semblent pas s’en plaindre, comme le Montenegro. Pour ce pays comme pour Chypre, l’afflux de ces réfugiés solvables est une source de revenus. Ailleurs, on s’accommode très bien du nombre très élevé de Russes sans emploi déclaré, notamment en Turquie, Serbie, France, Allemagne et Espagne, car ils sont discrets et disposent d’hébergements. Ils ne sont pas nettement distingués des Ukrainiens avec lesquels ils entretiennent des relations généralement sereines, du moins dépassionnées. À partir de ces pays, un nombre important de Russes possesseurs de permis de séjour continuent d’aller et venir, se rendre en familles, reprendre des emplois temporaires en Russie même de manière à subvenir à leurs besoins en Europe. Divide
