Quelles formidables explosions de tous côtés depuis quelques semaines ! Et que de meurtres remarquablement mis en scène ! Comment dénombrer les victimes et désigner les assassins ? Dans cette affaire de Gaza et ses rebonds, il faut sans doute se fier à son petit-doigt plus qu’au flux d’informations qui nous débordent. Des dizaines d’experts qui savent tout s’occupent de vous expliquer le tout sur le tout ; ils ont les moyens de décortiquer les faits ou du moins le prétendent.
À Kerman aujourd’hui, il s’agissait de punir des fanatiques et leurs admirateurs. Les punir parce qu’ils sont devenus de taille à menacer les maîtres du monde qui n’en avaient jusqu’ici jamais eu vraiment peur. Il faut les hacher et réduire parce qu’ils ne sont pas de simples épouvantails du genre des Talibans.
Q. Soleïmani est tué par D. Trump parce qu’il est trop compétent, nouveauté ce qui rompt la routine des victoires de l’Occident coalisé contre des va-nu-pieds mal éduqués et médiocres soldats. Cet homme n’est pas médiocre, News-Week lui tire son chapeau et accorde un page de couverture sous Obama ; on veut le séduire, le conduire où il convient. Il se cabre et fait le contraire de ce qui est requis, Trump s’en débarrasse.
Le Hamas a un rôle à jouer pour saboter la moindre chance de « solution à deux Etats » en Palestine. Ils sont fous et dangereux, mais on laisse le Qatar les consolider, l’Iran les armer. De temps à autre, on se bat un peu avec eux, mais en fait, on bloque bien plus les tentatives de les amadouer et rendre plus modérés (par ex. le blocage de l’aide humanitaire turque) que les collaborations douteuses avec de très radicaux Iraniens & Libanais. C’est étrange : malgré l’aide substantielle de l’Egypte fasciste, on ne sait pas gêner les dangereux, on ne sait que taper sur de pacifiques islamistes turcs en pleine mer… En fin de compte, on ira jusqu’à laisser les plus délirants commettre l’irréparable le 7 octobre dernier. C’est le moyen de convaincre le monde civilisé qu’il faut exterminer ces gens et leurs électeurs avec. Ce vieux projet était bloqué ? Le voici adopté. On les tire comme des pigeons !
N’ayant rien entrepris pour déstabiliser le régime iranien aux prises quatre mois durant avec sa jeunesse exaspérée, l’Occident a loupé une occasion majeure et s’en mord les doigts. Il fallait alors agir, ne serait-ce que pour prendre Poutine à revers. On pouvait rêver de grève générale et d’arrêt de la production des drones tueurs shahid. De très fins conseillers (probablement musulmans ou du moins très respectueux de l’islam) n’ont pas jugé opportun de se positionner dans une "affaire de voiles". On s’est contenté de déplorer les hécatombes et depuis lors de dénombrer les pendaisons.
Le Hamas est sans doute allé à “l’école de guerre“ iranienne que suivent d’autres radicaux. Il aurait pu aussi suivre d’autres leçons : celles de Daesh qui combattait les Iraniens en Irak et Syrie, qui combat étrangement aussi les Talibans en Afghanistan. En admettant que les coups portés aux chefs terroristes par les attentats de Beyrouth et Kerman permettent de stopper l’Iran, mettent à genoux le Hezbollah, effraient les Houthis du Yémen, le leadership du terrorisme pourrait fort bien être repris par des radicaux sunnites comme Daesh ou Al-Qaeda. Faire plier l’Iran ne débarrassera pas du problème de fond et pourrait même susciter des vocations à des formes de martyre plus irresponsables encore.
Faire sauter une cérémonie où se retrouve la crème des assassins est bien entendu un excellent coup. Dont plus d’un révolté iranien emprisonné ou torturé se réjouit ouvertement ce soir, se trouvant en quelque sorte vengé. Beaucoup de simples citoyens qui ont déploré en janvier 2020 la mort de Soleïmani ont viré de bord depuis et se réjouissent à présent parce que le Corps des Gardiens de la Révolution est un terroriste collectif à éliminer de toute urgence. Mais cet éclat qui ravit certains est à double tranchant : les terroristes se montrent des professionnels irréprochables quand il s’agit de venger Israël, jamais quand il faut défendre le quidam laïc et moderniste contre le mollah intégriste. Les militants iraniens qui ont organisé ce magistral attentat sont ainsi au service d’une puissance étrangère, pas à celui de leur peuple. Le détail n’échappe à personne. On peut même supposer que c’est la raison pour laquelle ils ne vont pas se nommer, de quelque faux-nez qu’ils soient affublés par le pouvoir : islamo-gauchistes de la secte MOK ou bien islamo-fascistes de Daesh, c’est tout un. Ils sont des mercenaires, pas des libérateurs. Divide
