On sait qu’il ne reste que quatre candidats aux élections présidentielles russes et que l’objectif déclaré est de faire passer le sortant, « seul candidat réel » dès le premier tour. La tâche ne fera pas de difficultés, mais il importe que les trois challengers ne dessinent pas une carte électorale trop contrastée et que leurs scores ne laissent pas supposer que le choix de la guerre est moins plébiscité qu’on ne le voulait faire croire. Que quelques vieillards votent encore pour un communiste de 76 ans importe peu. Le score des deux autres mannequins d’osier en lice serait un indicateur plus fiable du climat social.
On a d’abord un candidat modéré pseudo-pacifiste qui a réellement pesé sur certains tribunaux militaires en faveur de démobilisés, chef d’un Parti nommé « Gens nouveaux » qui veut jouer le jeu parlementaire, faire évoluer le pays vers une certaine modernité. Il a souhaité que d’autres candidats soient approuvés notamment Nadejdine sur qui s’étaient rabattus une minorité agissante de vrais opposants à la dictature. https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladislav_Davankov
Certains représentants des classes moyennes éduquées, soucieux du respect des formes démocratiques comme Dountsova ont appelé à voter Davankov. Les soutiens de Nadejdine veulent se compter une fois de plus en se présentant tous à 12h précises devant les bureaux de votes, afin de les encombrer et déborder. Dountsova préconise aussi ce petit jeu, jadis inspiré par Navalny et que ses soutiens discrets vont sans doute vouloir réitérer… Pour cette raison, Davankov ne doit pas arriver en seconde position ! Le Kremlin l’exclut parce qu’il s’agit d’un bourgeois modéré relativement crédible, pour lequel on voterait en signe de protestation contre la poursuite des hostilités. Le message que veut faire passer Poutine est simple : l’écrasante majorité du peuple est d’accord avec cette guerre vengeresse, veut punir l’Ukraine et plonger l’Occident dans la crise économique, parvenir à imposer une paix au profit de la Russie.
Poutine veut en même temps qu’il soit clair qu’il y a plus querelleur, moins composant que lui. Que les héritiers du fasciste de carnaval Jirinovski ont toujours la cote. Que ceux qui veulent réoccuper les pays baltes, pousser jusqu’aux détroits de Turquie, jusqu’au Golfe persique, sont plus qu’un épouvantail… Que les masses les suivent comme elles se sont enchantées de Prigojine. Que Poutine est bien plus sage que cette cohorte inquiétante des blogueurs et agitateurs liés à Guirkine-Strelkov, au délirant Douguine qui dit qu’un monde dans lequel la Russie n’occupe plus une place prédominante ne mérite pas de subsister. Il faut que passe cette image d’une Russie déchaînée et dangereuse que Poutine retient à grand-peine de choisir la guerre totale, le conflit nucléaire. L’effigie de l’ours en furie n’est crédible qu’à condition que le candidat du parti de feu Jirinovski fasse un score honorable :
« Les régions ont reçu l'ordre de faire passer le candidat du LDPR, Leonide Sloutsky, en deuxième position. Bien que tous les services d’enquêtes sociologiques, de FOM et VSIOM à INOSOMAR, aient placé le Parti communiste dans cette position, « quelqu'un » souhaite vraiment que le LDPR devienne le deuxième parti. Pour que cela se produise, il faudrait que les pôles intérieurs fassent un effort sérieux, car tirer Sloutsky vers le haut est une tâche impossible pour beaucoup de gens aujourd'hui. Si un taux de participation élevé et un résultat en faveur du candidat principal peuvent être obtenus, la tâche consistant à "sauver le soldat Sloutsky" peut gravement nuire à tous les arrangements établis. Le fait est que dans un certain nombre de régions, en particulier dans le district fédéral de la Volga, le district fédéral du Nord-Ouest, le district fédéral central et le district fédéral du Nord, la cote de Sloutsky se situe entre 1 et 3 %, c'est-à-dire que pour le faire passer à la deuxième place, il devra "attirer" 5 à 6 %, voire plus. Compte tenu de la trop faible cote des candidats des partis, on devra prendre des points au candidat "principal". C'est pourquoi de nombreuses régions ont déjà refusé d'aider le candidat malheureux du LDPR qui, selon elles, est seul responsable d'une campagne aussi mal menée. » https://t.me/vchkogpu
On le voit, la manipulation des résultats est un exercice délicat. Divide
