" /> Un mot pour conclure - Dombast

Dombast

Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.

Un mot pour conclure

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Voici deux ans, nous avons ouvert cette modeste fenêtre et proposé de brèves analyses de certains enjeux dans la très vaste « Asie antérieure » qui couvre les territoires de l’ancienne URSS et une bonne part du Moyen-Orient. Pour étayer les raisonnements et faire valoir une familiarité ancienne avec le sujet, nous avons mis en ligne des billets et surtout des traductions datant de la décennie écoulée, ils couvrent la période 2012-2024. Il nous semblait urgent d’éclairer différemment une région dont nous pensions qu’elle connaîtrait incessamment des soubresauts et des évolutions surprenantes.

L’ébranlement se fait attendre, les systèmes politiques s’avèrent solides. Nous sommes forcés d’admettre qu’en dehors du mouvement iranien « Femme, Vie, Liberté » il n’est rien arrivé qui ne doive être ajouté au chapitre des régressions. Bien que vaincu, seul ce mouvement va laisser des traces profondes, permettant d’augurer de changements radicaux d’approche, d’une sécularisation, d’une fin du totalitarisme religieux… Ces évolutions ne seront pas rapides, mais n’en sont pas moins inexorables. Des évolutions du même ordre doivent être attendues au Caucase, en Asie centrale, où les sociétés changent vite même si les pouvoirs sont figés.

À l’inverse, les sociétés russe, biélorusse et ukrainienne apparaissent incapables de s’opposer aux agendas de leurs dirigeants. Leur inertie tient en partie à leur absence de dynamisme démographique. Les vieux y constituent les majorités silencieuses qui autorisent les pouvoirs à toutes les dérives. La Russie s’enlise et court à sa perte. L’Ukraine ne disparaîtra pas, elle sera couverte de gloire, mais en ruines et sans grand avenir sinon celui de fournisseur de main d’oeuvre.

Nous n’allons pas poursuivre notre petite expérience, ni sortir de notre anonymat pour débattre, vainement déblatérer... N’allons formuler aucun mot d’ordre.

Nous nous contenterons de rappeler le devoir de solidarité avec les victimes des répressions policières, les dizaines de milliers de Russes et d’Iraniens incarcérés à intervalles réguliers. Pour mémoire, le nombre d’affaires judiciaires à caractère politique s’élève à cent seize mille environ en Russie ; jamais il n’y en eu autant depuis 1953. Beaucoup ne sont condamnés qu’à des amendes mais il y a aussi de lourdes peines de prison ferme. Le décompte des victimes n’est pas difficile à trouver sur les sites spécialisés offrant des pages en anglais pour qui ne parle pas le russe. Un grand nombre de jeunes femmes sont incarcérées pour des paroles imprudentes, des ‘repost’ de franc désaveu, d’accusations de corruption ou d’incompétence. Tout jugement défavorable émis sur l’armée russe vaut de la prison ; on ne le dit pas assez. Il est essentiel de garder à l’esprit l’existence de cette longue cohorte de sacrifiés ; parmi eux & elles, l’artiste Alexandre Skoltchilenko, les poètes Artyom Kamardine et Yegor Shtovba, le mathématicien Azat Miftakhov https://smf.emath.fr/smf-dossiers-et-ressources/dossier-azat-miftakhov

De même, alors qu’une machine électorale dénaturée va permettre en Iran un faux choix entre des personnages que la société récuse massivement, essayons de ne pas oublier l’héroïque rappeur Toomadj Salehi.

Divide le 10 juin 2024